Macron pourrait-il quitter son poste après le second tour des législatives 2024?
Selon les premières indications, le parti du président Macron est loin d'obtenir la majorité, ce qui pourrait être un sérieux revers pour lui. Face à ce défi, pourrait-il envisager de démissionner ?
TL;DR
- Le parti présidentiel pourrait ne pas obtenir la majorité aux élections législatives.
- Emmanuel Macron pourrait démissionner mais ce n’est pas une obligation constitutionnelle.
- En cas de démission, le président du Sénat assurerait l’intérim.
Un tournant politique ?
Les résultats provisoires des récentes élections législatives anticipées suggèrent que le parti présidentiel est loin de la victoire. Face à ce défi politique, le président Emmanuel Macron pourrait envisager une option radicale : la démission.
Le cadre légal de la démission présidentielle
La Constitution française ne prévoit aucune clause spécifique sur la démission du président de la République, selon Mathilde Philip-Gay, professeure de droit public à l’Université Jean Moulin à Lyon. Par conséquent, rien n’oblige formellement le Président à démissionner en cas de défaite électorale. Cependant, comme le fait remarquer Philip-Gay, « si un président perdait la majorité lors des législatives, il démissionnait ».
Changement de cap politique
Si la démission n’est pas une obligation, elle est une possibilité. Dans le passé, une défaite aux législatives était perçue comme une faute politique entraînant la fin du mandat présidentiel. Cependant, les temps ont changé et la démission n’est plus systématique. Par exemple, François Mitterrand a refusé de démissionner en 1986 malgré le fait qu’il n’ait pas la majorité à l’Assemblée. Il a ainsi posé les bases de la cohabitation.
Que se passerait-il en cas de démission ?
Si Emmanuel Macron devait démissionner, la présidence serait assurée par le président du Sénat, comme stipulé par l’article 7 de la Constitution. Actuellement, ce serait Gérard Larcher, membre des Républicains, qui assumerait cette responsabilité. De nouvelles élections seraient alors organisées dans un délai de vingt à cinquante jours.
Quant à la possibilité pour Emmanuel Macron de se représenter à la présidentielle anticipée en cas de démission, la Constitution est claire : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ».
Malgré ces spéculations, la démission semble peu probable. Le Président a promis aux Français qu’ils pouvaient lui « faire confiance jusqu’en mai 2027 ».
