Médicaments à l’unité, ce que le vote change pour la pharmacie

Plaquette de comprimés partiellement détachée
Image d'illustration. La délivrance à l’unité progresse à l’Assemblée. — ADN

Les députés ont adopté en commission un amendement pour élargir la vente de médicaments à l’unité. L’idée avance, mais son application divise déjà.

En bref

  • Un amendement élargit la vente à l’unité
  • Le pharmacien donnerait le nombre exact prescrit
  • La mise en œuvre technique fait débat

Demain, votre pharmacien pourrait vous remettre 18 comprimés si l’ordonnance en demande 18, pas une boîte de 20 ou 30. C’est le sens d’un amendement adopté tard jeudi 15 octobre 2026 en commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, dans le cadre du PLFSS 2027.

Le texte prévoit d’élargir la délivrance à l’unité d’un nouveau groupe de médicaments. Aujourd’hui, ce mode de vente existe déjà pour certaines spécialités, notamment quelques antibiotiques. Là, l’idée est plus large, avec un principe simple, le pharmacien remettrait exactement le nombre d’unités prévu par la prescription.

Des boîtes moins pleines, des ordonnances plus strictement suivies

Sur le papier, le changement est net. Le droit actuel autorise déjà cette pratique pour une partie limitée des traitements. Les députés qui soutiennent l’amendement estiment que ce cadre est trop étroit.

La future liste des médicaments concernés ne figure pas dans le texte adopté en commission. Elle serait fixée plus tard par décret. Autrement dit, le principe avance, mais on ne sait pas encore quels produits seraient ajoutés.

L’argument du gaspillage mis en avant

Pour les défenseurs de la mesure, le sujet est d’abord budgétaire. Guillaume Kasbarian, député Renaissance, a résumé l’idée ainsi : « Lorsqu’un traitement nécessite 18 comprimés, l’Assurance maladie n’a pas vocation à financer 20 ou 30 comprimés au seul motif que le laboratoire a choisi cette taille de boîte ».

L’argument vise directement les restes de boîtes non utilisées, payées malgré tout par l’Assurance maladie. Bon, la logique est assez lisible pour le patient comme pour les finances publiques. L’amendement a d’ailleurs réuni des soutiens venus de camps différents, avec Agnès Pannier-Runacher pour Renaissance, Damien Maudet pour LFI et Christophe Bentz pour le RN.

Un accord sur le principe, des réserves sur la mécanique

Tout le monde n’applaudit pas. Thibault Bazin, rapporteur général LR, s’est dit défavorable en commission. Pas sur le fond, plutôt sur l’exécution.

Il a jugé qu’il fallait avancer sur ce sujet, mais a averti que la mise en œuvre serait « complexe ». En cause, plusieurs chantiers concrets, l’adaptation des logiciels, les conditionnements, l’étiquetage et aussi le modèle de rémunération des officines. Il a aussi pointé un point très politique, la négociation censée régler ces sujets n’a pas commencé.

Et c’est là que le débat se joue maintenant. Le vote en commission marque une étape, pas l’arrivée. La suite se passera dans l’examen parlementaire du PLFSS, avec un point de friction assez clair, tout le monde ne discute plus de l’idée, mais de sa faisabilité.

Benjamin

Spécialiste Santé

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