En confiant une mission martienne à Relativity Space pour 2028, la NASA mise sur un acteur encore peu éprouvé et relance la rivalité avec SpaceX.
- NASA confie Aeolus à Relativity Space
- Lancement martien visé en 2028
- SpaceX pourrait être devancé
La NASA a choisi Relativity Space pour construire un vaisseau, le lancer et l’envoyer vers Mars dans le cadre de la mission Aeolus, attendue en 2028. Pour l’agence américaine, l’enjeu est simple, obtenir plus vite des données utiles sur la planète rouge en s’appuyant sur un industriel privé.
Une mission martienne confiée au privé
Le contrat suit un schéma que la NASA utilise déjà ailleurs. L’agence garde la main sur la science, l’entreprise fournit l’infrastructure à moindre coût. La source compare ce montage aux accords passés avec SpaceX pour le fret vers la Station spatiale internationale et avec Firefly Aerospace pour un atterrisseur lunaire.
Ici, Relativity Space doit tout faire côté transport, concevoir le véhicule qui embarquera les instruments d’Aeolus, puis terminer la fusée chargée de le mettre en orbite avant le voyage vers Mars. Le montant payé par la NASA n’a pas été rendu public, et l’entreprise n’a pas répondu aux questions de TechCrunch.
Aeolus doit cartographier l’atmosphère de Mars chaque jour
La mission emportera quatre instruments scientifiques. Leur rôle, mesurer et observer depuis l’orbite la poussière, les vents et la température dans l’atmosphère martienne.
La NASA attend de ces relevés une première vue quotidienne et globale de cette atmosphère. Ce point compte. Ces données doivent aider à sécuriser de futurs atterrisseurs et, plus tard, des astronautes. Le patron de la NASA, Jared Isaacman, résume l’idée ainsi: « En associant les instruments de classe mondiale de la NASA à l’innovation et à l’investissement du privé, nous pouvons produire plus de science, plus souvent, et réduire le temps nécessaire pour mettre des données essentielles entre les mains des chercheurs qui préparent de futures missions humaines vers Mars ».
Un pari rapide sur une entreprise encore fragile
Le calendrier est serré. Pour tenir 2028, Relativity Space doit à la fois développer le vaisseau d’Aeolus et achever Terran R, sa nouvelle fusée.
Et la NASA prend un risque. L’entreprise reste peu éprouvée, rien ne garantit que la mission quittera bien le sol. La source rappelle que certains partenaires émergents de l’agence ont fait faillite, et que des alunisseurs privés sont déjà arrivés de travers. En échange, ce modèle permet à l’agence d’étirer son budget, une partie des coûts de développement restant à la charge de l’industriel.
Eric Schmidt relance Relativity et se retrouve face à Elon Musk
Fondée en 2015 par deux anciens de SpaceX et Blue Origin, Relativity Space misait sur l’impression 3D pour fabriquer des fusées moins chères. Son premier lanceur, Terran-1, a décollé en mars 2023 avant d’échouer en vol. L’entreprise s’est alors recentrée sur Terran R, plus gros.
Mais les difficultés de financement ont suivi. L’an dernier, Eric Schmidt, ancien dirigeant de Google, a pris une participation majoritaire et s’est installé au poste de directeur général. Il reste discret sur son investissement, même s’il a évoqué des centres de données en orbite et serait aussi lié au lancement d’un télescope spatial, Lazuili, financé par Schmidt Sciences.
Ce nouveau contrat lui offre aussi une vitrine face à Elon Musk, avec qui il s’oppose sur la sécurité de l’IA. SpaceX parle de Mars depuis longtemps, mais n’y a jamais envoyé sa propre mission. Si Aeolus part à l’heure, Relativity Space pourrait signer la première mission privée vers la planète rouge.