Montréal: Interdiction des bibliothèques pour ceux à l’hygiène douteuse
Déjà mise en place dans huit quartiers, cette mesure suscite la controverse parmi diverses associations car elles estiment qu'elle discrimine les personnes sans domicile fixe.
Tl;dr
- 45 bibliothèques de Montréal pourront refuser les personnes qui « incommodent » par leur hygiène.
- Les personnes concernées risquent une amende et l’expulsion.
- La mesure est jugée discriminatoire envers les sans-abris.
- Les bibliothèques sont des lieux de socialisation importants pour les personnes en situation d’itinérance.
Une mesure controversée à Montréal
À partir du 1er janvier 2024, 45 bibliothèques publiques de la ville de Montréal pourront refuser l’entrée à toute personne « ayant une hygiène corporelle qui incommode les autres usagers ou le personnel », selon un article du La Presse paru le 24 novembre 2023. Cette mesure a suscité une vive réaction parmi les associations qui la jugent discriminatoire envers les sans-abris.
Sanctions lourdes pour les contrevenants
Les individus concernés par cette réglementation risquent non seulement l’expulsion, mais également une amende conséquente. Pour une première infraction, l’amende peut aller de 240 à 680 euros. En cas de récidive, les sanctions prévoient un bannissement d’un mois et une amende de 2000 euros.
Une discrimination envers les sans-abris ?
Pour Annie Savage, directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (Rapsim), cette mesure est « choquante et alarmante ». Elle considère que cette initiative tend à stigmatiser davantage les individus les plus marginalisés de la société. Le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance ajoute que l’exclusion n’est jamais une solution constructive.
Les bibliothèques, lieux de socialisation pour tous
Cependant, il est crucial de rappeler que les bibliothèques sont des lieux de socialisation essentiels, en particulier pour les personnes sans-abri. Elles représentent des refuges où ils peuvent trouver de la chaleur, de la sécurité et un accès à internet. La municipalité a promis de fournir un « guide d’accompagnement aux gestionnaires » pour appliquer cette réglementation de manière « humaine, sensible et respectueuse ».
