Progressivement, on commence à percevoir les contours de la note, suite aux troubles qui ont éclaté après le décès de Nahel, victime d'un officier de police. C'est un surplus de 400 millions par rapport à 2005.
Une facture en hausse après les émeutes tragiques
Le montant de la facture, après les émeutes qui ont éclaté à la suite du décès de Nahel, abattu par un policier, commence à se préciser. Il s’établit à une somme considérable de 650 millions d’euros. Cette somme se destine à couvrir les frais de réparation des bâtiments endommagés et le remboursement des véhicules calcinés lors de ces débordements.
« Le coût de ces réparations est plus du double de ce qui avait été annoncé la semaine précédente », note l’organisation représentative de l’assurance en France dans un communiqué. Cependant, ce montant est bien moindre que le milliard initialement estimé par Geoffrey Roux de Bezieux, avant de céder sa place de président du Medef à Patrick Martin, la semaine dernière.
Une facture bien plus conséquente qu’en 2005
« Les dommages causés aux biens professionnels représentent 55 % de ce coût total et ceux sur les biens des collectivités locales 35 % », précise l’organisation. « Cela signifie que 90 % du coût de ces violences urbaines concerne les biens des professionnels et des collectivités locales. »
La ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises (PME) et de l’Artisanat, Olivia Grégoire, a indiqué le mercredi 5 juillet que plus d’un millier de commerces avaient été touchés par les émeutes, évoquant plus de 400 bars tabac, des centaines d’agences bancaires, 200 magasins alimentaires, des magasins de sport, des opticiens, des pharmaciens et « quelques centaines de commerçants indépendants ».
« 90 % du coût de ces violences urbaines concerne les 3 900 biens des professionnels et des collectivités locales sinistrés. La nature des sinistres liés aux violences de ces derniers jours est donc très différente de ce que notre pays avait connu en 2005 », indique Florence Lustman, présidente de France Assureurs.
Un contexte différent de celui de 2005
En 2005, la France avait été secouée par des émeutes suite à la mort tragique de deux adolescents, Zyed et Bouna, qui avaient tenté de fuir un contrôle de police et avaient été électrocutés dans un transformateur électrique. À l’époque, « les dégradations et incendies de véhicules avaient représenté 82 % des sinistres pour un coût total, bien moindre, de 204 millions d’euros ». Ces émeutes avaient duré plusieurs semaines.
Des mesures d’accompagnement pour les victimes
Face à ce bilan, la fédération des assureurs a invité ses membres à :
- prolonger jusqu’à 30 jours le délai de déclaration de sinistre généralement fixé à 5 jours dans les contrats d’assurance
- accélérer le processus d’indemnisation en totale coordination avec les sociétés d’expertise afin d’organiser les visites d’expertise le plus rapidement possible et de prioriser les cas les plus sensibles
- faciliter le versement d’acomptes pour faire face aux situations les plus difficiles
- prendre en considération au cas par cas les situations des petits commerçants indépendants les plus durement touchés par ces violences urbaines qui seraient en difficulté au plan économique et réduire l’effet de leurs franchises contractuelles.
Par ailleurs, les soldes ont été prolongés d’une semaine, soit jusqu’au 1er août.