Musée Lalique cambriolé, un vol à plusieurs millions qui interroge encore

Présentoir de bijoux aux emplacements vides
Image d'illustration. Une vingtaine de bijoux ont disparu. — ADN

Le musée Lalique, dans le Bas-Rhin, a subi un cambriolage avec une vingtaine de bijoux volés. Le préjudice pourrait approcher 4 millions d’euros.

En bref

  • Une vingtaine de bijoux volés dimanche
  • Préjudice proche de 4 millions d’euros
  • La sécurité du site est questionnée

Le musée Lalique, à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin), a fermé pour quelques jours après un cambriolage commis dimanche 5 juillet 2026. Selon des éléments concordants de l’enquête, une vingtaine de bijoux ont été dérobés et le préjudice pourrait approcher 4 millions d’euros.

La direction du musée a expliqué sur les réseaux sociaux vouloir préparer une réouverture sereine et sécurisée. Le choc est réel pour cet établissement consacré à René Lalique, figure majeure de l’Art nouveau et de l’Art déco, installé à proximité de l’usine portant son nom dans l’est de la France.

Le musée ferme après une attaque rapide

Les faits se sont déroulés dans la commune de Wingen-sur-Moder, environ 60 kilomètres au nord-ouest de Strasbourg. Le site, ouvert en 2011, présente sur 900 m² plus de 650 œuvres liées aux créations verrières de René Lalique.

Cette fois, ce ne sont pas les collections de verre qui ont été visées, mais des bijoux. D’après les premiers éléments, leur valeur se chiffre à quelques millions d’euros. Pas encore de total définitif, l’estimation reste en cours.

Porte forcée, vitrines brisées, alarme déclenchée

Le scénario, lui, se précise. Plusieurs individus cagoulés ont fracturé une porte, puis brisé six vitrines. Les pièces emportées étaient des bijoux en cristal, sans pierres précieuses, et ne peuvent pas être fondues.

L’alarme s’est bien déclenchée. Mais l’intervention a tardé. D’après les informations remontées dans l’enquête, la société de surveillance n’avait pas encore effectué la levée de doute quand une femme de ménage, arrivée la première sur place, a alerté la gendarmerie. Résultat, les voleurs avaient déjà quitté les lieux.

Une sécurité jugée insuffisante malgré le précédent du Louvre

L’affaire prend une autre dimension parce que le musée Lalique était considéré comme un site sensible. Depuis le cambriolage du Louvre, à Paris, en octobre 2025, il faisait l’objet d’une attention particulière. Mais, à ce stade, le dispositif mis en place n’a pas empêché l’intrusion.

Interrogé par Les Dernières Nouvelles d’Alsace, le maire de Wingen-sur-Moder s’est dit « en colère ». Il a surtout mis en cause la réaction de la société de surveillance, estimant que toutes les alarmes avaient fonctionné mais que l’information n’avait pas été transmise assez vite aux gendarmes.

Un lieu patrimonial touché dans l’est de la France

Pour Franck Leroy, président de la région Grand Est, ce cambriolage porte une atteinte inacceptable au patrimoine. Son message dépasse la seule valeur marchande des objets volés. Il rappelle que le lieu compte dans l’histoire industrielle, culturelle et artisanale du territoire.

Et c’est sans doute là l’enjeu de fond. Au-delà du montant du vol, c’est un musée déjà surveillé de près qui a été frappé. L’enquête doit maintenant éclaircir le déroulé exact de l’intervention et, surtout, ce qui a manqué dans la chaîne de sécurité.

Benjamin

Spécialiste Faits divers

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