Nicolas Sarkozy jugé en 2025 pour le financement libyen de la présidentielle 2007
Jeudi 24 août 2023, deux juges financières ont décidé de faire comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, Nicolas Sarkozy et douze autres individus.
Sarkozy et douze autres personnes renvoyées au tribunal correctionnel de Paris
Deux juges financières ont confirmé, le jeudi 24 août 2023, que l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, ainsi que douze autres individus seront jugés par le tribunal correctionnel de Paris.
L’ancien chef de l’État fait face à un nouveau chapitre judiciaire. Il sera jugé en 2025, pendant une période de quatre mois, pour des accusations de corruption passive, association de malfaiteurs, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens, a annoncé le procureur national financier Jean-François Bohnert. Nicolas Sarkozy réfute fermement ces allégations.
Accompagné de douze autres prévenus
Il sera convoqué avec douze autres personnes, dont trois anciens ministres de droite : les anciens ministres de l’Intérieur et proches de Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ainsi que Eric Woerth, l’ex-trésorier de la campagne présidentielle incriminée. Nicolas Sarkozy a toujours nié vigoureusement les accusations et a utilisé tous les recours possibles contre sa mise en examen.
« Sous réserve de l’exercice d’éventuelles voies de recours », l’audience aura lieu « entre le 6 janvier 2025 et le 10 avril 2025 » devant la 32ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris, a précisé M. Bohnert dans un communiqué.
Implication de deux hommes d’affaires
Les juges ont généralement suivi les réquisitions du Parquet national financier (PNF) qui avait mentionné mi-mai « l’aval » et la « parfaite connaissance de cause » de Nicolas Sarkozy en ce qui concerne les actes reprochés à ses proches.
Deux hommes d’affaires, soupçonnés d’avoir fait office d’intermédiaires, sont au cœur de l’affaire: le Franco-libanais Ziad Takieddine, actuellement en fuite au Liban et probablement absent lors du procès, et le Franco-algérien Alexandre Djouhri.
Un ensemble d’indices préoccupants
Une enquête judiciaire a été ouverte en avril 2013, suite à des accusations portées par des dignitaires libyens dès 2011, des déclarations de M. Takieddine et d’un document publié par Mediapart, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012, qui prétendait prouver que la campagne avait bénéficié de fonds libyens. M. Sarkozy a contesté ce document en affirmant qu’il s’agissait d’un faux.
Des témoignages abondants, des notes des services secrets de Tripoli, des accusations de M. Takieddine, des mouvements de fonds « atypiques et troubles », la matérialisation d’un certain nombre de contreparties… Les enquêteurs de l’office anticorruption (Oclciff) et les magistrats ont rassemblé un ensemble d’indices préoccupants qui soutiennent la thèse de fonds libyens qui auraient profité à la campagne de l’ancien président ou à son entourage.
