Nouméa: Plus de 600 arrestations suite aux émeutes, la ville retrouve son calme
Depuis près de trois semaines, les loyalistes exercent une pression intense sur les autorités pour mettre un terme aux nombreux blocages. Le couvre-feu est toujours d'actualité. Quelle sera la prochaine étape dans cette situation tendue ?
TL;DR
- Nouméa est de nouveau sous contrôle des forces de l’ordre.
- Les émeutes ont conduit à sept décès et de nombreux blocages.
- Les loyalistes pressent pour mettre fin aux blocages.
Retour à l’ordre à Nouméa
Après deux semaines et demie de tensions, Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, est de nouveau sous le contrôle des forces de l’ordre depuis le vendredi 31 mai 2024, selon Louis Le Franc, le haut-commissaire de la République. Malgré le couvre-feu décrété le 14 mai, les loyalistes continuent de faire pression sur les autorités pour mettre fin aux blocages en cours.
Les conséquences des émeutes
Les émeutes, déclenchées par une réforme du corps électoral accusée de marginaliser la population autochtone kanak, ont conduit à la mort de sept personnes, dont deux gendarmes. Par ailleurs, de nombreuses voies sur la grande île ont été bloquées. « Pour nous, ce ne sera pas la fin du mouvement, on a besoin de se faire entendre », martèle Priscilla Païta, 24 ans, opposante à la réforme.
Lors d’une opération menée à Rivière-Salée, le dernier quartier de Nouméa encore bloqué, 12 personnes ont été interpelées. Ce qui porte à 666 le nombre d’interpellations en Nouvelle-Calédonie en lien avec les émeutes.
La pression des loyalistes
Dans le camp des loyalistes, les appels pour mettre fin aux blocages se font chaque jour plus pressants. « L’Etat a les moyens d’agir, on l’a vu sur Rivière-Salée, ça urge de le faire partout où il le faut », insiste Sonia Backès, présidente Renaissance de la province Sud.
Impact économique des troubles
Les troubles ont également des répercussions sur l’économie. Les approvisionnements ont repris de manière sporadique, des produits alimentaires et pharmaceutiques ont été acheminés vers la province Nord par des navires militaires. Thierry Santa, membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en charge du secteur du travail, estime à « plus de 500 » le nombre d’entreprises « détruites », ayant dû licencier une partie de leurs salariés. Plus de 5000 personnes sont potentiellement concernées.
