L'étude révèle que parmi 311 paquets de couches illustrés avec des bébés, 79% affichent des images de nourrissons couchés sur le ventre, une position pourtant déconseillée.
Tl;dr
- Une étude révèle que 79% des paquets de couches montrent des bébés dans des positions dangereuses.
- La position du bébé pendant son sommeil est un facteur important dans la mort subite du nourrisson.
- Le Journal de Pédiatrie appelle les fabricants et législateurs à agir.
- La publicité et les images institutionnelles peuvent influencer les pratiques de couchage des parents.
Des paquets de couches véhiculant des images dangereuses
L’importance de la position d’un bébé pendant son sommeil est souvent sous-estimée. Pourtant, elle est l’un des facteurs déterminants dans la survenue tragique de la mort subite du nourrisson. Cette dernière reste la première cause de décès chez les nourrissons âgés de 28 jours à un an, avec entre 250 et 350 cas chaque année en France.
Une récente étude publiée par The Journal of Pediatrics, une revue scientifique spécialisée dans la pédiatrie, met en lumière un écueil surprenant : 79% des paquets de couches affichent des images de bébés dans des positions de sommeil contre-indiquées.
Une enquête alarmante
L’étude, relayée par l’Inserm, a examiné 631 types d’emballages de couches pour bébés de moins de 5 kg, distribués dans 11 pays d’Europe, dont la France. Parmi ces publicités, 311 représentaient des bébés endormis. Les chercheurs ont découvert que 39% de l’ensemble des paquets étaient non conformes avec au moins une recommandation de prévention de la mort subite du nourrisson.
Des bébés endormis en position ventrale ou latérale étaient visibles sur 45% de ces paquets, tandis que 51% présentaient une literie ou un objet mou, deux éléments potentiellement dangereux. Enfin, 10% des publicités montraient un bébé partageant la surface de couchage avec une autre personne, une pratique également déconseillée.
Un appel à l’action
Ce constat alarmant est l’un des pires taux observés parmi les images représentant des bébés endormis dans les magazines destinés aux parents, les journaux en ligne et en papier, les présentoirs de crèches, les sites web commerciaux de photographies et Instagram, signale The Journal of Pediatrics.
Martin Chalumeau, épidémiologiste à l’Inserm, souligne un décalage entre ces images omniprésentes et les recommandations pour la prévention de la mort subite. Les chercheurs appellent donc les fabricants et les législateurs à agir, afin de prévenir des pratiques de couchage dangereuses pour les nourrissons.