Face aux difficultés rencontrées par le célèbre grand magasin du Marais, la municipalité parisienne envisage une reprise du BHV afin de préserver les emplois et maintenir la vitalité économique de ce quartier emblématique de la capitale.
- La mairie de Paris envisage d’acquérir les murs du BHV.
- Incertitude accrue pour les 750 salariés du grand magasin.
- L’implantation de Shein fragilise la situation et inquiète.
Le BHV au cœur d’une tempête : la Ville s’invite dans le jeu
Face à un avenir qui s’assombrit, la Mairie de Paris manifeste son intention de se positionner en tant que possible acquéreur des murs du BHV. Alors que l’échéance de la promesse de vente liant les Galeries Lafayette à la Société des grands magasins (SGM) arrive à son terme, l’incertitude règne parmi les quelque 750 salariés.
Selon l’adjoint au commerce, Nicolas Bonnet-Oulaldj, il n’est pas exclu que la Ville entre dans la course, avec une enveloppe avoisinant les « 300 millions d’euros » – un montant qui exigerait toutefois une alliance entre capitaux publics et privés.
Un projet municipal sous tension politique et sociale
Dans l’hémicycle parisien, ce dossier ne laisse personne indifférent. La maire Anne Hidalgo, lors du Conseil de Paris, justifie cette stratégie préventive par la nécessité de préserver l’activité commerciale au centre de la capitale. « J’ai souhaité que la ville se donne les moyens d’agir préventivement. », a-t-elle affirmé.
Mais cette prise de position provoque aussi des remous : pour l’opposition municipale, ce serait avant tout un « coup de communication improvisé ». Du côté des syndicats, le climat reste tendu. L’intersyndicale redoute que cette annonce n’ajoute encore à « l’incertitude sur la pérennité du BHV », évoquant même une « situation dramatique ».
L’effet Shein : catalyseur des difficultés actuelles
Difficile d’ignorer le rôle joué par l’arrivée programmée de Shein, géant de la mode éphémère. Ce projet controversé a eu pour conséquence directe le retrait de la Banque des territoires, qui a dénoncé une « rupture de confiance ». Plusieurs marques ont suivi, préférant quitter le navire ou pointer des impayés persistants plutôt que s’associer à l’image véhiculée par Shein.
Auditionné récemment à l’Assemblée nationale, Frédéric Merlin – cofondateur de la SGM – tente pourtant de rassurer : il mène selon ses dires des « discussions extrêmement précises » avec des fonds étrangers non chinois.
L’après-promesse : scénarios encore ouverts
Alors qu’approche le jour fatidique où tombera l’exclusivité entre SGM et Galeries Lafayette, tous les regards se tournent vers les prochaines options possibles. La porte-parole du groupe précise : « A cette date, l’exclusivité tombe et on se réserve la possibilité d’explorer toutes les options qui s’offrent à nous. » Parmi ces options figurent :
- L’acquisition directe par SGM ;
- L’entrée en lice d’investisseurs publics ou privés ;
- L’intervention active de la Ville pour garantir emploi et activité commerciale.
Pour beaucoup d’observateurs, c’est bien ce dernier point qui cristallise espoirs… et craintes.