L'anxiété scolaire, également appelée phobie scolaire, est une problématique qui affecte un nombre croissant d'enfants. C'est une douleur qui les entraîne dans un cercle vicieux dévastateur. Voici une analyse en profondeur.
La phobie scolaire, un mal silencieux qui touche de plus en plus d’enfants
La phobie scolaire, ou refus scolaire anxieux, est un problème en constante croissance qui touche de plus en plus d’enfants, les plongeant ainsi dans une véritable tourmente. Faisons le point sur cette problématique.
Douleurs abdominales, maux de tête, anxieuse, pleurs, refus de retourner à l’école… Si votre enfant présente l’un de ces symptômes à l’approche de la rentrée, il est fort probable que ce ne soit pas un simple caprice. Il pourrait souffrir de phobie scolaire, un trouble de plus en plus courant qui affecterait entre 3 et 5 % des enfants, aussi bien des garçons que des filles, selon les statistiques officiellement reconnues.
« En vérité, on peut estimer que la phobie scolaire touche un enfant sur quatre« , alerte Odile Mandagaran, présidente de l’association Phobie scolaire, auprès d’directs.fr.
Qu’est-ce que la phobie scolaire?
Selon la définition donnée par le neuropsychiatre Julian de Ajuriaguerra en 1974, on parle de phobie scolaire lorsque des enfants « pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école et résistent avec des réactions d’anxiété très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer ».
Ce trouble, également appelé refus scolaire anxieux (RSA), est à prendre très au sérieux. Ce ne sont pas de simples « caprices », comme certains peuvent parfois le penser, et cela touche généralement « des enfants qui veulent aller en cours, souvent de bons élèves, qui font preuve d’une grande maturité », explique Odile Mandagaran, qui accompagne chaque année environ 14 000 familles grâce à son association.
Comment se manifeste la phobie scolaire?
Douleurs abdominales, vomissements, insomnies, migraines, sensations de boule dans la gorge… de nombreux symptômes physiques violents peuvent être observés en cas de phobie scolaire.
« Les enfants victimes de phobie scolaire vivent une véritable angoisse, cela peut les conduire à se replier sur eux-mêmes, à ne plus vouloir sortir, à se renfermer, à subir des dépressions et, pour certains, à avoir des pensées suicidaires. Ils sont prêts à tout pour ne pas aller à l’école », alerte Odile Mandagaran.
Comment expliquer la phobie scolaire?
Une étude menée par la pédopsychiatre et chercheuse Laelia Benoit auprès de près de 2 000 familles en France a révélé que 50 % des enfants atteints de phobie scolaire avaient été victimes de harcèlement scolaire.
« Cette population est plus à risque car elle a souvent une intelligence supérieure, avec des difficultés d’interactions, un décalage dans la communication avec les autres, et comme ils sont ‘différents’, à l’école, ils sont très exposés au harcèlement », explique Laelia Benoit.
Quelles solutions pour faire face à la phobie scolaire?
Pour tous ces enfants victimes de refus scolaire anxieux, le fait de se retrouver à la maison, hors du cadre scolaire, permet souvent une amélioration visible, plus ou moins rapide.
Cela passe aussi par une prise en charge psychologique parfois lourde. Pour Natacha, quand N. a commencé à prendre des anti-dépresseurs, la situation s’est nettement améliorée, reconnaît-elle.
Enfin, il est essentiel de garder le dialogue ouvert entre les parents, l’Éducation nationale et les soignants. Laelia Benoit souligne que « si ce trio fonctionne bien, qu’ils arrivent à bien communiquer et à se comprendre, on peut obtenir une prise en charge rapide, qui peut faire toute la différence. »
Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter l’association Phobie Scolaire, qui a édité une feuille de route à l’attention des parents et leur recommande de tout faire pour ne pas culpabiliser l’enfant.