Pourquoi des milliers manifestent-ils contre les Mégabassines dans le Puy-de-Dôme ce samedi 11 mai?
Ce samedi, dans le Puy-de-Dôme, des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre le projet de construction des deux plus grandes mégabassines de France. Quelle sera la suite de ces manifestations ?
TL;DR
Un rassemblement contre l’édification des « géants de l’eau »
Dans le département du Puy-de-Dôme, ce samedi 11 mai 2024, la « grande randonnée pédagogique, festive et artistique » a pris une autre teinte. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour exprimer leur désaccord face à la construction des « deux plus grandes mégabassines de France ».
Une opposition massive et colorée
Vêtus de bleu pour symboliser l’eau – un « bien commun » selon eux, le cortège pacifique, oscillant entre 4 000 participants selon la préfecture et 6 500 selon les organisateurs, a marché pour dénoncer deux projets de réservoirs d’eau destinés à irriguer 800 hectares dans la plaine de la Limagne. «Dans ce pays, les agro-industriels, les gens qui font de l’argent, sont beaucoup plus entendus, (…) c’est Robin des bois à l’envers.» a déclaré Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes.
Un enjeu environnemental et social
Le collectif BNM s’est prononcé contre ces « gigabassines » qui se rempliraient par pompage dans l’Allier, une zone classée Natura 2000 essentielle pour l’approvisionnement en eau potable de plus de 200 000 habitants. De l’autre côté, Limagrain, le 4e semencier mondial et principal bénéficiaire de ces réservoirs, soutient que l’irrigation est nécessaire pour maintenir la « sécurité alimentaire » en période de changement climatique.
Le débat est ouvert
Ces mégabassines, soutenues par l’Association Syndicale Libre des Turlurons, qui compte 36 agriculteurs dont le président de la coopérative Limagrain, sont encore en attente d’autorisation officielle. Les opposants, accusant Limagrain de vouloir « sécuriser sa production de maïs semence destinée à l’exportation », espèrent obtenir un moratoire. Selon un rapport de la Cour des comptes, les prélèvements d’eau pour l’irrigation ont plus que doublé entre 2010 et 2020 en France, atteignant 3,42 milliards de m3 en 2020. Un chiffre qui souligne l’importance du débat actuel sur la privatisation de l’eau.
