Une étude de KPMG montre que la cybersécurité devient la menace numéro un pour les dirigeants mondiaux. En France, la hiérarchie reste un peu différente.
En bref
- La cyber devient le premier risque mondial
- En France, l’économie reste devant
- L’IA absorbe une part croissante des budgets
En France, les grands patrons ne regardent pas tout à fait dans la même direction que leurs homologues étrangers. D’après l’édition 2026 du Global CEO Outlook de KPMG, l’incertitude économique mondiale reste leur première inquiétude, citée par 29 % des dirigeants français, devant la cybersécurité à 28 % et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement à 25 %.
La France ne place pas la cyber en tête
Ce décalage compte, parce qu’il tranche avec la tendance observée ailleurs. L’enquête a été menée du 11 août au 21 septembre auprès de 1.400 dirigeants d’entreprises réalisant plus de 500 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, soit environ 450 millions d’euros, dans douze grands marchés. Parmi eux, 75 sont basés en France.
Vu de France, le climat économique pèse donc encore légèrement plus lourd que le risque numérique. Rien d’anecdotique quand même, puisque la cyber arrive juste derrière.
Dans le monde, la menace a changé de visage
À l’échelle mondiale, le classement s’inverse. Les risques liés à la cybersécurité et à la protection des données arrivent en tête pour 31 % des répondants. L’incertitude économique suit à 28 %, puis viennent l’instabilité géopolitique et les pressions réglementaires, à 26 %.
Et les entreprises ne restent pas les bras croisés. 45 % des dirigeants interrogés dans le monde disent avoir augmenté leurs dépenses en matière de protection informatique et de résilience numérique. Bref, la menace n’est plus seulement théorique, elle pèse déjà sur les budgets.
Des patrons prudents, mais pas résignés
Autre enseignement, la confiance reste plus basse en France. Dans le monde, 84 % des dirigeants se disent confiants pour l’avenir de leur entreprise. En France, ils ne sont que 72 %.
Mais cette prudence ne se traduit pas par un trou d’air sur les perspectives. 69 % des dirigeants français anticipent une progression annuelle moyenne de leurs résultats de 3,4 %, un niveau proche des 3,6 % attendus au niveau mondial.
L’IA accélère, avec un frein éthique bien réel
L’intelligence artificielle reste un gros poste d’investissement. En France, 72 % des dirigeants en font une priorité, contre 60 % un an plus tôt. Dans le monde, ils sont 79 %, après 71 % l’an dernier.
Sur les douze prochains mois, 74 % des patrons français prévoient d’y consacrer plus de 10 % de leur budget d’investissement, un peu au-dessus de la moyenne mondiale, à 72 %. Côté retour sur investissement, 67 % des dirigeants français tablent sur un délai de un à trois ans, contre 71 % dans le reste du panel. Le point sensible, lui, ne bouge pas vraiment, 69 % des dirigeants français jugent les questions éthiques liées à l’IA difficiles à gérer, contre 57 % au niveau mondial.
La durabilité avance partout, moins vite en France
Sur la durabilité, l’écart est là aussi net. Dans le monde, 63 % des dirigeants disent avoir renforcé l’intégration de ces enjeux dans leur stratégie, contre 47 % en France.
Un détail mérite d’être noté. Aucun dirigeant français interrogé ne dit avoir réduit ses efforts ni relégué le développement durable au second plan cette année. C’est moins offensif qu’ailleurs, pas abandonné pour autant.