Pourquoi la nourriture en avion semble-t-elle moins bonne ? Est-ce une réalité ?
Il se trouve que ce que vous consommez dans les avions diffère en qualité par rapport à un repas terrestre, une réalité confirmée par la science. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ?
TL;DR
- La perception gustative est altérée dans l’avion.
- La sécheresse atmosphérique, la basse pression et le bruit en sont responsables.
- Les alpinistes et les astronautes subissent également ces perturbations.
Le voyage aérien : une expérience gustative singulière
Si déguster votre repas à bord d’un avion vous paraît décevant, sachez que vous n’êtes pas seul. En fait, la science explique que votre perception des aliments et des boissons est perturbée lors du voyage aérien.
Le mystère de l’altération du goût
Selon le Dr Loïc Briand, directeur au Centre des sciences du goût et de l’alimentation et directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), cette altération est due à une perturbation de notre capacité olfactive. Comme il le résume, « le goût, c’est l’olfaction (la perception des odeurs) et la dégustation ».
Lorsque nous mangeons, des molécules odorantes se libèrent lors de la mastication et stimulent notre odorat. C’est cette interaction entre l’odorat et le goût qui est modifiée en altitude, affectant notre perception des aliments.
Les éléments perturbateurs en vol
En vol, notre perception olfactive est altérée par trois paramètres principaux : l’humidité de l’air, la pression et le bruit. Dans l’atmosphère sèche d’un avion en vol, l’humidité de l’air est inférieure à 12%, soit aussi sèche que dans la plupart des déserts. En outre, la pression atmosphérique est réduite de 20% par rapport à celle au sol. Enfin, le bruit dans une cabine d’avion, atteignant environ 85 décibels, peut également modifier notre perception du goût.
Ces facteurs combinés peuvent donc perturber notre expérience gustative en vol. Ce n’est pas nécessairement la qualité des aliments et des boissons servis en avion qui est inférieure, mais plutôt notre perception qui est altérée lorsque nous les consommons.
Un phénomène universel
Cette altération du goût n’est pas limitée aux voyages aériens. Les alpinistes et les astronautes connaissent également ces troubles de la perception olfactive. Par exemple, les alpinistes peuvent être déçus par le goût d’une bouteille de champagne ouverte en haute altitude, un phénomène connu sous le nom de « champagne blues ».
En conclusion, si votre repas en vol ne vous satisfait pas, ne vous inquiétez pas. Vos papilles retrouveront leurs pleines capacités une fois de retour au sol, vous permettant d’apprécier de nouveau pleinement les saveurs des aliments.
