Après deux décennies de négociations, le Mercosur, accord de libre-échange entre l'Europe et l'Amérique du Sud, suscite la frustration des agriculteurs en pleine crise. Mais pourquoi cet accord suscite-t-il autant de colère ?
TL;DR
- Mercosur suscite la colère des agriculteurs français.
- L’accord prévoit une baisse des droits de douane entre l’UE et l’Amérique du Sud.
- Les agriculteurs craignent une concurrence déloyale et des impacts environnementaux.
Le Mercosur : un accord qui divise
Alors que la crise agricole fait rage en France, le Mercosur, cet accord de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Sud, devient la cible des agriculteurs. Ayant fait l’objet de négociations pendant plus de deux décennies, il symbolise aujourd’hui le mécontentement du monde agricole.
Qu’est-ce que le Mercosur ?
En théorie, le Mercosur représente une vaste zone de libre-échange entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud. Cet accord, dont le premier principe a été établi en 2019, vise à « encourager et accroître les relations commerciales ». Cependant, il n’a pas encore été ratifié par les États membres, et la France, les Pays-Bas et l’Irlande ont déjà exprimé leur opposition.
Un traité qui suscite l’inquiétude
Le Mercosur prévoit de réduire les droits de douane entre les deux zones, permettant à l’Europe d’exporter son industrie, y compris l’automobile. Du côté sud-américain, le texte envisage l’instauration de quotas annuels pour les principaux pays du Mercosur, tels que l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. En contrepartie, l’Europe bénéficierait de droits de douane supprimés ou réduits pour divers produits.
Cependant, cet accord suscite une vive opposition de la part des agriculteurs français. Stéphane Charbonneau, représentant syndical, dénonce des « grosses pénalités » pour les agriculteurs, incapables de concurrencer des produits moins chers. De plus, le fossé entre les normes européennes et sud-américaines, notamment en matière d’exploitation animale et d’environnement, accentue cette inquiétude.
Des conséquences environnementales alarmantes
Selon un rapport de Stefan Ambec publié en 2020, les conséquences environnementales d’un tel accord seraient désastreuses. Le texte met en évidence une augmentation des émissions de gaz à effet de serre et une déforestation accrue liée à l’expansion des exportations de viande bovine sud-américaine.
Face à ces enjeux, la Commission européenne n’a pas prévu de prochain cycle de négociations. Pour Bruno Parmentier, économiste et spécialiste du sujet, il serait judicieux d’exiger des contrôles sur les produits importés qui respectent des normes environnementales aussi strictes qu’en Europe. Un moyen d’ouvrir le marché tout en élevant le niveau global de production.