Prégabaline: Découverte de la ‘Drogue du Pauvre’ qui Alarme la France
Ce médicament, qui est prescrit pour le traitement de l'épilepsie, des troubles anxieux généralisés et des douleurs neuropathiques, est de plus en plus utilisé de manière abusive comme stupéfiant.
Tl;dr
- Multiplication des saisies de prégabaline, un médicament détourné à des fins récréatives.
- Usage détourné lié à des ordonnances falsifiées et du nomadisme médical.
- La prégabaline fait l’objet d’un trafic organisé, souvent vendue par des réseaux de délinquance urbaine.
- Les conséquences sanitaires de son mésusage sont graves, pouvant conduire au décès.
Un détournement alarmant de la prégabaline
L’alerte a été donnée par la douane française ce mercredi 8 novembre 2023 : la prégabaline, un médicament habituellement prescrit pour le traitement de l’épilepsie, des troubles anxieux généralisés et des douleurs neuropathiques, est de plus en plus saisie sur le territoire national. En quelques jours, des milliers de gélules de ce médicament ont été interceptées, témoignant d’un détournement inquiétant à des fins stupéfiantes.
Des réseaux de délinquance à l’œuvre
Principalement connu sous son nom commercial, Lyrica, ce médicament fait l’objet d’un trafic organisé. Les autorités constatent depuis plusieurs années un usage récréatif de la prégabaline, souvent associé à des ordonnances falsifiées et à du nomadisme médical. Malgré les mesures prises par l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) en 2021 pour restreindre les conditions de prescription, les cas d’abus et de dépendance sont en augmentation. Surnommée la « drogue du pauvre » en raison de son faible coût, la prégabaline est distribuée par des réseaux de délinquance urbaine également impliqués dans le marché illégal de tabac et de cigarettes.
Des conséquences sanitaires dévastatrices
Le mésusage de la prégabaline peut avoir des effets secondaires graves, notamment un coma, des troubles de la conscience, une désorientation, une confusion et, dans les cas les plus graves, le décès. Vendue entre 1 et 2 euros le comprimé, la prégabaline est souvent consommée en association avec de l’alcool ou par voie nasale, notamment chez les personnes en situation de précarité ou en marge de la société. L’Ansm a précisé en 2021 que ses consommateurs sont majoritairement des hommes jeunes, parfois mineurs et en situation de précarité.
Aussi, l’usage détourné de la prégabaline est principalement destiné à procurer une sensation d’euphorie dans un contexte de consommation multiple de substances psychoactives. Cependant, certains l’utilisent aussi pour son effet anxiolytique, antalgique ou hypnotique. Dans plus de la moitié des cas, elle est associée à une autre substance, majoritairement une benzodiazépine.
