Près de 12 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école pour la rentrée scolaire
La période estivale est terminée. Le manque d'enseignants, le poids du sac à dos scolaire et l'abaya – tous ces facteurs caractérisent la rentrée des classes qui a lieu ce lundi 4 septembre, dans une atmosphère assez tendue.
Une rentrée scolaire marquée par plusieurs enjeux
La fin des grandes vacances est actée. Une rentrée scolaire teintée d’incertitudes se profile ce lundi 4 septembre, en raison du manque d’enseignants, de la controverse autour de l’abaya et du poids des cartables.
Approximativement 12 millions d’élèves reprendront le chemin de l’école ce lundi pour l’année scolaire 2023/2024. Malgré l’assurance d’un enseignant devant chaque classe, c’est l’interdiction de l’abaya qui retient l’attention des médias. Cette rentrée signe également les premiers pas de Gabriel Attal en tant que ministre de l’Éducation nationale, arrivé en juillet rue de Grenelle.
La question de l’abaya domine les débats
Gabriel Attal a abordé plusieurs sujets « concrets » durant l’été, du coût des fournitures scolaires au poids des cartables, qu’il souhaiterait voir divisé par deux. Néanmoins, c’est l’interdiction contestée de l’abaya, une longue robe traditionnelle portée par certaines élèves musulmanes, qui domine le débat médiatique.
L’ensemble du gouvernement, au nom de la défense de la laïcité, a appelé à « faire bloc » autour de cette interdiction, qui s’applique également au port du qamis, l’équivalent masculin de ce vêtement. Selon la loi de 2004, les élèves refusant de respecter cette règle seront accueillis par l’établissement mais ne pourront pas assister aux cours, ouvrant la voie au dialogue entre la famille et l’Éducation nationale.
Une rentrée sous le signe de la pénurie d’enseignants
La rentrée 2023/2024 s’annonce tendue, notamment en raison du déficit d’enseignants, avec plus de 3 100 postes vacants à travers le pays. Emmanuel Macron a néanmoins réaffirmé que l’engagement d’avoir « un professeur devant chaque classe » serait respecté, une « obligation républicaine » selon lui. Pourtant, 68% des enseignants interrogés dans une enquête du syndicat SE-Unsa expriment leur crainte quant à un manque de personnel pour cette rentrée.
Une revalorisation salariale très attendue
Pour remédier à cette crise de vocation, le gouvernement mise sur une politique de revalorisation « historique« , principalement pour les débuts de carrière. Cependant, malgré l’effort budgétaire, les syndicats restent sceptiques face à ces mesures, et particulièrement hostiles à la mise en place du « pacte ». Celui-ci prévoit de nouvelles augmentations de salaire en échange de nouvelles tâches, notamment pour effectuer des remplacements de courte durée. Le gouvernement estime que ce pacte pourrait résoudre le problème des 15 millions d’heures non remplacées chaque année.
Une visite ministérielle annoncée ce lundi
Lundi, Elisabeth Borne, la Première ministre, et Gabriel Attal se rendront dans une école en Ille-et-Vilaine pour aborder le renforcement des fondamentaux en mathématiques et en lecture, ainsi que le fameux pacte censé offrir « une meilleure reconnaissance de l’engagement des enseignants ». La lutte contre le harcèlement sera également une priorité pour cette année scolaire, avec un nouveau plan qui sera dévoilé d’ici fin septembre.
