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Société

Promesse d’un enseignant par classe à la rentrée : est-elle tenue ?

Société
Par Benjamin,  publié le 29 août 2023 à 19h28, modifié le 29 août 2023 à 19h28.

En dépit de l'absence de 3 000 postes, le ministère affirme avoir prévu des embauches en amont. Il est prévu qu'un professeur soit présent dans chaque salle de classe... mais cela risque de ne pas durer.

La rentrée scolaire 2023 face à une pénurie d’enseignants

Plus de 3 000 postes d’enseignants sont vacants pour cette rentrée scolaire de 2023 dans l’éducation nationale, avec plus de 200 postes supplémentaires dans le secteur privé. Malgré ces chiffres inquiétants, le gouvernement se veut rassurant et affirme qu’il y aura « un enseignant dans chaque classe » à partir du 4 septembre 2023, date de la rentrée. Pourtant, cette promesse risque de ne pas être tenue sur le long terme.

Le Ministère de l’Éducation nationale confirme à directs.fr avoir anticipé les recrutements cette année, pour garantir la présence d’un enseignant dans chaque classe. C’est une amélioration par rapport à la rentrée précédente, où 4 000 postes étaient vacants.

Le manque de candidats aux postes d’enseignement

Il est de notoriété publique que les résultats des concours d’enseignants sont mitigés : il y a moins de personnel recruté que de postes disponibles. Pour la session 2023, le ministère de l’Éducation nationale rappelait dans un communiqué il y a quelques mois qu’il y avait 23 807 postes disponibles dans le public et 3 903 dans l’enseignement privé sous contrat.

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Selon le Ministère de l’Education nationale, les concours « vont permettre de recruter au moins 20 644 personnels enseignants et d’éducation dans l’enseignement public et 3 684 dans l’enseignement privé sous contrat ». Cela signifie qu’il reste 3 163 postes vacants dans l’Education nationale et 219 dans l’enseignement privé.

Certaines régions, comme les académies de Créteil, Versailles, Mayotte et Guyane, sont plus touchées que d’autres par cette pénurie de personnel. Pour y faire face, « un recrutement externe supplémentaire » a été organisé.

Des mesures anticipées pour pallier le manque d’enseignants

Pour assurer une rentrée scolaire dans les meilleures conditions, l’Education nationale mise sur le recrutement de personnel contractuel. Des actions comme les job dating et les salons de recrutement ont été mis en place pour attirer les candidats. Cependant, certaines matières, comme les mathématiques, les lettres classiques, l’espagnol ou encore l’allemand, restent en pénurie d’enseignants.

Des solutions temporaires face à une situation complexe

Pour pallier le manque d’enseignants, le gouvernement envisage d’augmenter le nombre d’élèves par classe. Cependant, cette solution risque de ne pas être viable sur le long terme. En effet, les enseignants qui seront affectés à une classe en début d’année pourront être sollicités pour remplacer des collègues absents au cours de l’année scolaire. L’effectif d’une classe pourra donc fluctuer en fonction des besoins de remplacement.

Le remplacement des enseignants : une « priorité nationale »

Face à ce problème récurrent, le gouvernement a fait du remplacement des enseignants une « priorité nationale ». Chaque année, selon le dossier de presse de rentrée du ministère, « l’organisation de l’Éducation nationale induit 15 millions d’heures d’absence, qui représentent des heures d’enseignement perdues pour les élèves ». Sur toute la durée de sa scolarité, « un élève peut perdre jusqu’à une année d’enseignement ».

Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement a mis en place de nouvelles mesures pour cette rentrée 2023, dont la systématisation du remplacement de courte durée (RCD), inférieur à 15 jours, dans le second degré. Les enseignants du secondaire qui le souhaitent peuvent s’engager à prendre en charge un volume d’heures de remplacement de courte durée, qui varie par tranche de 18 heures et qui est « rémunérées à hauteur de 1250 euros bruts chacune », selon le ministère.

Une crise des vocations

Cependant, pour mettre en place ces mesures, encore faut-il trouver les candidats. Le Ministère de l’Éducation nationale reconnaît une « crise d’attractivité qui traverse l’Éducation nationale depuis beaucoup d’années ». Pour redonner de l’attrait au métier d’enseignant, le gouvernement a décidé d’une revalorisation salariale « d’au moins 125 euros nets par mois », d’une hausse de la valeur du point d’indice et d’une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat.

Cependant, ces mesures financières ne suffisent pas à résoudre la pénurie d’enseignants. Pour Guislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU, le métier d’enseignant perd de son sens à cause des « mauvaises conditions salariales et conditions de travail ». Rodrigo Arenas, député Nupes et ex-coprésident de la FCPE, estime également que « le ministère ne fait que de la gestion d’effectifs, ça ne peut pas marcher ».

Une pression politique grandissante

La situation est d’autant plus compliquée que les changements de ministres entraînent des bouleversements dans les politiques éducatives. Guislaine David dénonce la pression et les injonctions du ministère qui « sont très pesantes pour le moral des collègues ». L’arrivée du plus jeune ministre de l’Éducation nationale de France, Gabriel Attal, et ses mesures controversées, comme l’interdiction de l’abaya, ne font qu’accentuer ces tensions.

En conclusion, la rentrée scolaire 2023 s’annonce complexe, avec plus de 3 000 postes d’enseignants non pourvus et des solutions de remplacement qui risquent d’être insuffisantes pour garantir une éducation de qualité à tous les élèves.

Le Récap
  • La rentrée scolaire 2023 face à une pénurie d’enseignants
  • Le manque de candidats aux postes d’enseignement
  • Des mesures anticipées pour pallier le manque d’enseignants
  • Des solutions temporaires face à une situation complexe
  • Le remplacement des enseignants : une « priorité nationale »
  • Une crise des vocations
  • Une pression politique grandissante
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