Qui détient la propriété des églises en péril à sauver?

Emmanuel Macron se mobilise pour sauver le patrimoine religieux en danger, notamment les églises. On pourrait se demander pourquoi il incombe à l'Etat de prendre cette initiative.

  • Emmanuel Macron annonce une collecte pour sauver le patrimoine religieux en danger.
  • En France, 90% des églises catholiques appartiennent aux communes.
  • Les communes ont du mal à assumer la charge de leur restauration.
  • La collecte, lancée le 15 septembre, vise à récolter 200 millions d’euros sur quatre ans.

Macron lance une collecte nationale pour protéger le patrimoine religieux français

Le Président de la République, Emmanuel Macron, a récemment annoncé une grande collecte nationale visant à préserver le patrimoine religieux français, en particulier dans les communes de moins de 10 000 habitants. Cette décision soulève une question légitime : l’État doit-il intervenir pour sauver ces édifices religieux ?

Les communes, gardiennes du patrimoine religieux

Depuis la Révolution française et la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, la majorité du patrimoine religieux français appartient aux communes. En effet, 90% des églises catholiques sont la propriété des communes, selon un rapport du Sénat de 2015. L’Église catholique détient uniquement les édifices construits après 1905.

Le patrimoine religieux français est estimé à environ 100 000 lieux de culte, dont 45 000 églises et chapelles. Près de 40 000 de ces lieux appartiennent aux communes, une spécificité bien française.

La restauration, un défi financier pour les communes

La charge d’entretien et de restauration de ces édifices repose sur les communes. Toutefois, celles-ci rencontrent de plus en plus de difficultés à assumer ces dépenses. « Pour les communes, l’entretien des édifices induit des charges. Le montant des travaux de restauration est parfois disproportionné par rapport aux capacités budgétaires des communes, notamment les plus petites. », souligne Vie-Publique.

Face à cette situation, l’Observatoire du patrimoine religieux alerte sur le risque de destruction ou de vente de 2 000 à 5 000 édifices d’ici 2030.

Une collecte nationale pour sauver les édifices en péril

Pour pallier ce problème, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’une collecte nationale le 15 septembre, espérant récupérer 200 millions d’euros sur quatre ans pour sauver les édifices religieux en péril. Pour encourager les dons, des avantages fiscaux seront accordés aux donateurs.

Au-delà de la réparation, cette initiative vise également à prévenir la vente et la désacralisation des églises. Selon Edouard de Lamaze, président de L’Observatoire du Patrimoine Religieux, cette mesure devrait permettre d’empêcher les spéculations immobilières sur les églises désacralisées.