Radio France maintient Charles Sapin, malgré une grève annoncée

Micro face à des salariés en grève
Image d'illustration. France Inter fait face à un préavis social. — ADN

La direction de Radio France confirme la chronique de Charles Sapin sur France Inter. En face, les salariés maintiennent un préavis de grève mi-septembre.

En bref

  • Grève annoncée à France Inter les 13 et 14 septembre
  • Radio France maintient Charles Sapin à l’antenne
  • La direction invoque le pluralisme en année présidentielle

Les salariés de France Inter menacent de faire grève les dimanche 13 et lundi 14 septembre. Leur demande est claire, obtenir le retrait de la chronique hebdomadaire de Charles Sapin, dont l’arrivée à l’antenne secoue la rentrée de Radio France.

Une rentrée sous tension à France Inter

L’intersyndicale de Radio France a déposé un préavis de grève pour ces deux journées de septembre. La contestation ne vient pas de quelques voix isolées. Dans une motion adoptée à l’unanimité mercredi, les personnels du groupe public ont affiché leur refus catégorique de voir Charles Sapin intervenir sur France Inter.

Le point de blocage tient autant au recrutement qu’au média dont vient le journaliste. Les salariés jugent que les valeurs portées par Valeurs actuelles ne sont pas compatibles avec celles de Radio France. Résultat, la première radio de France en audience entre dans sa rentrée en pleine friction interne.

Sibyle Veil assume un choix au nom du pluralisme

Jeudi 3 septembre, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a confirmé qu’elle maintenait ce choix. Elle a dit comprendre l’indignation suscitée, tout en refusant de transformer le service public en espace neutre ou aseptisé.

Sa ligne est nette. Pour elle, la radio publique doit faire coexister sur une même antenne des gens qui ne pensent pas la même chose, « à l’image de notre pays ». Sibyle Veil a aussi rejeté l’idée de diriger le groupe en retirant des noms sous la pression, en citant au passage Sophia Aram et Charline Vanhoenacker parmi les personnalités déjà contestées par le passé.

La direction promet de surveiller la future chronique

Du côté de France Inter, la patronne de la station, Céline Pigalle, a de nouveau rencontré les salariés jeudi matin. L’objectif, défendre le bien-fondé de ce recrutement sans lâcher sur l’essentiel.

Dans un message interne consulté par l’AFP, le directeur éditorial de Radio France, Vincent Meslet, a assuré que si Valeurs actuelles retombait dans ses vieux travers, le groupe en tirerait immédiatement les conséquences. Il a ajouté, en une formule courte, « On ne condamne personne avant qu’il ait parlé. On ne passe rien après ». En gros, feu vert pour commencer, vigilance ensuite.

Pourquoi ce recrutement cristallise autant d’opposition

Charles Sapin vient d’être nommé directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, un magazine qui se revendique conservateur. Son arrivée sur France Inter intervient au moment où s’ouvre une année présidentielle, ce qui donne à ce choix une portée plus large qu’une simple chronique.

Le passif du titre pèse aussi dans le débat. Valeurs actuelles a été condamné plusieurs fois en justice, notamment en 2021 après la publication d’une représentation de l’élue insoumise Danièle Obono en esclave. À l’époque, le magazine était dirigé par Geoffroy Lejeune, parti depuis au Journal du dimanche. C’est ce contexte, plus que le seul nom de Charles Sapin, qui explique la crispation actuelle.

Benjamin

Éditeur·rice

Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Grève Radio France

Lisez Directs.fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources