Relation Emmanuel Macron-Uber : la commission d’enquête soulève des questions
Le document provenant de la commission d'investigation parlementaire sur le dossier Uber souligne une liaison « obscure » et « favorisée » établie entre Emmanuel Macron et Uber.
Emmanuel Macron et Uber : une relation « opaque » et « privilégiée »
Le mardi 18 juillet 2023, la commission d’enquête parlementaire a publié son rapport final sur l’affaire dite des « Uber Files ». Ce document met en lumière une liaison qualifiée de « opaque » et « privilégiée » entre le président français Emmanuel Macron et la société américaine Uber. Le texte souligne : « La confidentialité et l’intensité des contacts entre Uber, Emmanuel Macron et son cabinet témoignent d’une relation opaque mais privilégiée », y compris depuis son arrivée à la tête de l’État.
Un « deal secret » entre Macron et Uber
Selon le rapport, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, aurait conclu un « deal secret » avec Uber. En échange de la suppression de l’application controversée Uber Pop, la société se serait vu faciliter les démarches d’obtention d’une licence de Voiture de transport avec chauffeur (VTC). Le rapport indique : « C’est au mépris de toute légalité, et grâce à un lobbying agressif auprès des décideurs publics, que l’entreprise américaine est parvenue à concurrencer de manière déloyale [les taxis]. »
La commission d’enquête, qui a travaillé sur le sujet pendant six mois, a entendu 120 témoins, dont deux anciens Premiers ministres, Bernard Cazeneuve et Manuel Valls, ainsi que des anciens dirigeants d’Uber. Le but était de comprendre les actions d’Uber en France entre 2014 et 2017. Cette affaire a été déclenchée par la fuite de 124 000 documents internes révélés par Mark McGann, ancien lobbyiste pour Uber, et publiés dans le journal britannique The Guardian.
Un « conflit d’intérêts » autour de l’Arpe
Le rapport pointe également du doigt la création de l’Agence de régulation des plateformes d’emploi (Arpe) en 2021. Selon le document, cette entité ne serait qu’un « artifice » pour éviter une « requalification en salariat de l’activité des travailleurs ». Bruno Mettling, le président de l’Arpe, est ainsi accusé d’avoir réalisé des activités de conseil pour le compte d’Uber, à la demande d’AT Kearney, quelques mois avant sa nomination. Un potentiel « conflit d’intérêts » selon la rapporteure Danielle Simonnet (LFI).
Des contacts réguliers entre Uber et l’Élysée
Le rapport mentionne également des contacts fréquents entre Uber et l’Élysée. Entre 2018 et 2022, 34 échanges auraient eu lieu avec les services du Président de la République. Sur la même période, Danielle Simonnet a recensé 26 échanges avec le ministère du Travail, 25 avec Bercy et 83 avec le ministère des Transports. Elle y voit la preuve d’une intensification des rapports entre l’exécutif et l’entreprise californienne.
Les conclusions du rapport ont été critiquées par Benjamin Haddad (Renaissance), président de la commission d’enquête, qui reproche à Danielle Simonnet de politiser l’affaire. Il affirme : « Il n’y a eu ni compromission, ni « deal » secret, ni conflit d’intérêts, ni contreparties, contrairement à ce que tente de démontrer vainement notre rapporteure ». Une divergence qui témoigne des fortes tensions au sein de la commission d’enquête.
