Révision constitutionnelle approuvée en Nouvelle-Calédonie malgré deux morts suite à des émeutes nocturnes
La révision constitutionnelle, qui réforme le corps électoral et qui est vivement critiquée par les indépendantistes, a été approuvée par l'Assemblée nationale, provoquant de nouvelles émeutes urbaines. Et maintenant, comment l'Assemblée va-t-elle gérer cette crise ?
TL;DR
- Une réforme constitutionnelle provoque des émeutes en Nouvelle-Calédonie.
- La violence a entraîné deux morts et de nombreux blessés.
- Le projet de loi est sujet à un vote au Congrès à Versailles.
Une réforme constitutionnelle enflamme la Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie est en ébullition. Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale d’une révision constitutionnelle réformant le corps électoral, fortement contestée par les indépendantistes, des émeutes ont éclaté. Ces violences ont donné lieu à une seconde nuit consécutive d’affrontements urbains.
Un bilan lourd et des tensions palpables
Le bilan est lourd. Deux personnes ont perdu la vie dans ces émeutes. « Une première personne a été tuée par balle à Nouméa. Elle n’a pas été touchée par un tir de la police ou de la gendarmerie, mais [par] quelqu’un qui a certainement voulu se défendre », a déclaré le haut-commissaire de la République, Louis Le Franc. Par ailleurs, des « centaines » de personnes ont été blessées, dont une centaine de policiers et gendarmes, selon le ministre de l’Intérieur et des Outremer, Gérald Darmanin.
Les violences ont également entraîné de nombreux incendies et pillages de commerces, d’infrastructures et d’établissements publics. Les députés ont néanmoins adopté le texte du gouvernement par 351 voix contre 153, malgré les « graves troubles à l’ordre public » en cours.
Une réforme contestée
La réforme vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, un enjeu crucial dans l’archipel. Les partisans de l’indépendance craignent que cette mesure ne « minorise encore plus le peuple autochtone kanak ».
Le climat reste tendu. Les établissements scolaires resteront fermés jusqu’à nouvel ordre et l’aéroport de La Tontoura est fermé aux vols commerciaux. Face à ces troubles, les habitants s’organisent et certains quartiers ont commencé à patrouiller armés de bâtons ou de battes de baseball.
Un appel au calme
Face à l’escalade de la violence, le président de l’Union calédonienne (indépendantiste), Daniel Goa, a appelé la jeunesse à rentrer chez elle et a condamné les pillages et exactions. « Les troubles de ces 24 dernières heures révèlent la détermination de nos jeunes de ne plus se laisser faire par la France », a-t-il déclaré. La principale figure du camp non indépendantiste, l’ex-secrétaire d’État Sonia Backès, a quant à elle dénoncé le racisme antiblancs de manifestants qui ont incendié la maison de son père.
