Russie lance Luna-25, premier engin spatial vers la Lune depuis 1976
La durée du voyage devrait être comprise entre "quatre jours et demi à cinq jours et demi", avant que le module d'atterrissage n'arrive à destination, près du pôle Sud lunaire, dans une "zone accidentée".
La Russie relance son exploration lunaire après près d’un demi-siècle
L’agence spatiale russe Roscosmos a récemment annoncé le lancement, prévu le vendredi 11 août 2023, de son premier appareil lunaire depuis 1976. Cette annonce survient alors que cette agence spatiale a connu des difficultés durant des décennies pour mener à bien ses projets indépendants.
C’est à 2h10 et 57 secondes heure de Moscou que le l’atterrisseur Luna-25 sera lancé. Cette initiative intervient à un moment où d’autres puissances mondiales, telles que les États-Unis et la Chine, intensifient leurs missions lunaires.
Un vol vers un « terrain difficile »
Roscosmos a indiqué qu’un lanceur Soyouz a été assemblé sur le cosmodrome Vostotchny, en Extrême-Orient russe, en vue du lancement de Luna-25. Cet atterrisseur est destiné à se poser près du pôle Sud de la Lune, un endroit décrit comme un « terrain difficile« .
Le vol durera entre «quatre jours et demi et cinq jours et demi», selon les informations publiées par Roscosmos et relayées par l’agence de presse officielle Tass. À cet effet, un village situé dans la zone de retombée potentielle du premier étage du lanceur sera évacué dès le vendredi matin, conformément aux directives des autorités de la région de Khabarovsk.
Une fois sur la Lune, Luna-25, qui pèse près de 800 kilogrammes, aura pour mission principale d’effectuer des prélèvements et des analyses du sol lunaire, ainsi que de mener des recherches scientifiques à long terme.
La Russie se lance dans l’exploration pacifique de l’espace
Ce lancement marque le début du nouveau programme lunaire de la Russie. Celui-ci intervient dans un contexte où le pays s’efforce de développer ses propres projets spatiaux et de renforcer sa coopération spatiale avec Pékin, alors que ses relations avec les puissances spatiales occidentales se sont détériorées depuis l’assaut mené par l’armée russe contre l’Ukraine.
D’après Vitali Egorov, spécialiste russe de l’espace, ce lancement est d’une grande importance pour une Russie pacifique après l’ère Poutine. Il souligne que cela démontrera la capacité des Russes à s’engager dans l’exploration pacifique de l’espace.
La Russie, entre un glorieux passé spatial et un avenir incertain
La Russie revendique son statut de grande puissance spatiale, s’appuyant sur son héritage soviétique. En avril 2022, lors d’une visite au cosmodrome Vostotchny, Vladimir Poutine a rappelé que c’est l’URSS qui a envoyé le premier homme dans l’espace, Youri Gagarine, en 1961, malgré les sanctions imposées à l’époque.
Malgré les sanctions occidentales suite au conflit en Ukraine, il a assuré que la Russie poursuivrait son programme lunaire. Cependant, le pays peine à innover depuis des décennies, son secteur spatial étant entravé par un manque de ressources et la corruption.
Un taux de réussite estimé à 70%
En juin dernier, Iouri Borissov, le chef de Roscosmos, a qualifié la mission lunaire russe de « risquée », estimant que la probabilité de réussite de telles missions est environ de 70%.
La dernière mission lunaire de l’URSS, la sonde spatiale Luna-24, a eu lieu en 1976, soit plus de 25 ans après le lancement du premier programme de ce type. Depuis la chute de l’Union soviétique, la Russie a du mal à se relancer dans l’exploration spatiale, ses programmes étant désormais concurrencés par des initiatives privées, comme celle de Space X, dirigée par le milliardaire Elon Musk.
