L’ACRE baisse, le PFU grimpe et les frais sont fixés. Pour créer une SASU en 2026, il faut recalculer son projet dès le départ.
En bref
- ACRE réduite à 25 %
- PFU sur dividendes porté à 31,4 %
- Création, 53,16 € de frais
Créer une SASU en 2026 reste possible dans des conditions connues, mais l’équation change. Les aides à l’installation baissent, la fiscalité des dividendes se tend un peu, et certains délais ne pardonnent pas.
L’ACRE perd du poids et devient plus contraignante
Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’offre plus qu’une exonération de 25 % des cotisations sociales dues. Elle s’applique jusqu’à 36 045 euros de revenus, soit 75 % du PASS 2026. Avant, le dispositif pouvait aller jusqu’à 50 %.
Autre point très concret, la demande est désormais obligatoire pour tous les statuts, y compris la SASU. Vous avez 60 jours après l’immatriculation pour déposer le dossier. Passé ce délai, l’exonération est perdue.
Chômage et rémunération, un équilibre à surveiller
Le président de SASU reste assimilé salarié. Ses cotisations relèvent donc du régime général. S’il ne se verse aucune rémunération, il ne paie pas de cotisations. Mais il ne valide pas non plus de droits sociaux.
Ce choix a aussi un effet sur l’allocation chômage. Sans rémunération, le maintien intégral de l’ARE reste possible, dans la limite de 60 % du reliquat de droits. Au-delà, il faut saisir l’instance paritaire régionale.
Et il y a un point de vigilance. France Travail considère les dividendes comme des revenus d’activité, ce qui réduit l’allocation versée le mois concerné.
Dividendes, PFU et option à l’IR, les calculs changent
La fiscalité des dividendes bouge aussi. Le PFU atteint désormais 31,4 %, avec 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux après le relèvement de la CSG patrimoine prévu par la LFSS 2026.
Les dividendes gardent un avantage, ils ne supportent pas de cotisations sociales en SASU. Mais l’écart avec une rémunération classique se resserre. Du coup, le calcul entre salaire et dividendes doit être refait au début de chaque exercice selon les revenus prévus.
L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste ouverte sur demande expresse. La société peut aussi opter pour l’IR pendant ses cinq premiers exercices si elle compte moins de 50 salariés, exerce une activité opérationnelle et affiche un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros.
Des frais connus, mais des formalités à bien verrouiller
Les frais d’immatriculation au greffe sont désormais fixés à 33,83 euros TTC. Le dépôt du registre des bénéficiaires effectifs ajoute 19,33 euros TTC. Total, 53,16 euros TTC pour la création.
Restent les étapes classiques, rédaction des statuts, dépôt du capital avec 1 euro minimum, publication d’une annonce légale puis immatriculation via le guichet unique. Legalstart rappelle qu’un accompagnement par un avocat, un expert-comptable ou une plateforme peut sécuriser le dépôt.
Léna Cazenave, de Legalstart, résume l’enjeu ainsi : « créer une SASU en 2026 suppose d’intégrer d’emblée les nouvelles règles de l’ACRE et l’évolution du PFU ». Le vrai changement est là, dès le montage du projet.