Le gouvernement a assoupli les règles AOP du comté, du beaufort et de l’abondance. En cause, des prairies trop sèches pour nourrir les troupeaux.
En bref
- Le gouvernement assouplit trois AOP fromagères.
- La sécheresse assèche les prairies et manque de fourrage.
- D’autres fromages ont aussi obtenu des dérogations.
Même les fromages les plus encadrés n’échappent pas à la sécheresse. Le gouvernement a validé des assouplissements temporaires pour les AOP Comté, Beaufort et Abondance, via trois arrêtés publiés mercredi au Journal officiel.
Des AOP très strictes, mais temporairement assouplies
En temps normal, l’AOP, l’appellation d’origine protégée, impose aux éleveurs de nourrir leurs vaches surtout avec de l’herbe issue d’une zone précise. Pour l’Abondance et le Beaufort, cette zone se situe dans les Alpes. Pour le Comté, elle correspond au massif du Jura.
Cette fois, l’État a accepté une dérogation. Le manque d’eau a trop affaibli les pâturages pour tenir les règles habituelles sans adaptation.
Abondance, Beaufort, Comté : ce qui change vraiment
Pour le Comté, l’ajustement reste le plus limité. Jusqu’à la fin octobre, le maïs vert donné aux animaux pourra venir en partie de l’extérieur de l’exploitation.
Du côté du Beaufort, la marche est plus large. La part de foin et d’herbe devant provenir de la zone de production baisse, et les vaches pourront recevoir davantage d’aliments complémentaires.
L’Abondance, elle, bénéficie d’une dérogation encore plus nette. Les éleveurs pourront réduire fortement la part d’herbe pâturée et recourir plus largement à du fourrage venu d’en dehors de la zone de l’appellation.
Une sécheresse qui frappe les prairies de plein fouet
Le fond du problème est là. Selon le service statistique du ministère de l’Agriculture, la pousse cumulée des prairies permanentes était, au 10 août, inférieure d’un tiers à la moyenne observée à la même date entre 1989 et 2018.
Le ministère décrivait dès la mi-août une situation fourragère très dégradée dans la quasi-totalité des régions. Concrètement, moins d’herbe pousse, les réserves baissent, et les producteurs doivent chercher d’autres solutions pour nourrir les troupeaux.
D’autres fromages concernés, après un précédent en 2022
Ce n’est pas une première. Des dérogations comparables avaient déjà été prises en 2022.
Et la liste ne s’arrête pas à ces trois fromages. L’Institut national de l’origine et de la qualité, l’INAO, considère l’épisode actuel comme historique et a aussi accordé des modifications temporaires à d’autres AOP, dont le reblochon, le bleu d’Auvergne, le cantal et la fourme d’Ambert. Un signal assez net, quand même, de la pression exercée par le climat sur des productions d’ordinaire très verrouillées.