Test du pouce levé en Bretagne: idées reçues, popularité et rencontres d’autostop
Depuis que le covoiturage a fait son apparition, l'auto-stop ne paraît plus être un mode de transport fréquemment utilisé. Nous avons tenté l'expérience de l'auto-stop de Rennes à Crozon, pour vérifier si cette méthode est toujours viable.
Est-ce que l’autostop fonctionne encore en Bretagne ?
Le covoiturage s’est imposé comme le mode de transport privilégié pour de nombreux voyageurs. Mais qu’en est-il de l’autostop ? Pour le savoir, nous avons expérimenté un trajet de Rennes à Crozon en levant le pouce. Et voici ce que nous avons découvert.
Il est 8h45 à Rennes, en Ille-et-Vilaine, lorsque j’entame mon voyage vers la presqu’île de Crozon, dans le Finistère, muni de mon sac à dos et de mon K-way. Mon objectif ? Traverser toute la Bretagne pour atteindre cette destination prisée des touristes, notamment pour ses plages de sable fin, ses eaux turquoise et ses criques. Mais je ne m’y rends pas de manière conventionnelle : je choisis de faire du stop, une pratique qui semble aujourd’hui délaissée malgré son utilité il y a encore 20 ans.
Fred, le premier conducteur à me prendre en stop
Je pensais que la première étape, quitter Rennes en direction de Ploërmel (Morbihan), serait la plus facile. Pourtant, malgré une position stratégique sur le bord de la route, les voitures défilent sans me prêter attention. Finalement, après 45 longues minutes, une camionnette d’entreprise s’arrête. C’est Fred, un homme d’une cinquantaine d’années, qui me propose de me déposer à Saint-Méen-le-Grand, une petite commune à une trentaine de minutes de Rennes. Il admet ne pas être surpris par ma difficulté à trouver un conducteur prêt à me prendre en stop, particulièrement en ville où les gens sont souvent pressés.
Dominique, le retraité solidaire
Après Fred, c’est Dominique, un retraité de 68 ans, qui m’offre un bout de trajet. Il m’explique qu’il ne prend en stop que des personnes seules, et de préférence des femmes. Ancien conducteur de train, il estime que les conducteurs sont aujourd’hui plus craintifs et réticents à l’idée de prendre des inconnus en stop.
Mathieu, qui a lui-même fait du stop
Après Dominique, c’est Mathieu, un ancien autostoppeur, qui accepte de me transporter. Il admet qu’il ne prend généralement pas d’autostoppeurs, notamment par peur des dangers potentiels relatés dans la presse. Il confesse aussi que la pratique de l’autostop a fortement diminué avec l’émergence de plateformes comme BlaBlaCar et la récente crise sanitaire liée au Covid-19.
William, un véritable ange gardien
William, mon quatrième conducteur, est prêt à faire un détour de 50 minutes pour m’aider à atteindre ma destination. Il admet qu’il n’a pas l’habitude de prendre des autostoppeurs, mais il ne peut pas s’empêcher de me venir en aide, même si ce trajet ne fait pas partie de ses plans initiaux.
Valérie, la dernière conductrice à me prendre en stop
Enfin, Valérie, une enseignante en lycée professionnel qui m’aide à atteindre Quimper, ma dernière étape avant de prendre un TER pour Rennes. Valérie, qui a elle-même beaucoup utilisé l’autostop lorsqu’elle était étudiante, admet qu’elle ne prend généralement que des autostoppeuses.
Le bilan de cette expérience
En conclusion, il est encore possible de se déplacer en autostop en Bretagne, même si la pratique est moins courante qu’il y a 20 ans. L’autostop reste une option économique, écologique et sociale, malgré les craintes liées à la sécurité et à l’inconnu. Il m’aura fallu 10 chauffeurs et environ 8 heures pour parcourir les près de 300 kilomètres séparant Rennes de Crozon. Malgré les difficultés rencontrées, cette expérience fut riche en rencontres et en échanges.
