Une taxe de 2 euros sur certains colis : quels sites comme Shein ou Temu sont visés ?

Image d'illustration. Gros plan d un colis ecommerce emballéADN
Dès juillet, une nouvelle taxe de 2 euros s’appliquera à certains colis importés en France. Cette mesure vise principalement les commandes passées sur des plateformes étrangères très populaires comme Shein, Temu et d’autres sites d’e-commerce similaires.
Tl;dr
- Taxe de 2 € sur petits colis hors UE votée.
- Objectif : contrôle accru, financement douanier, lutte concurrence déloyale.
- Débat : impact sur consommateurs, plateformes visées par la mesure.
Une taxe inédite pour endiguer l’afflux des petits colis étrangers
Dès le 1er janvier 2026, la France mettra en application une nouvelle taxe de deux euros visant chaque « petit colis » expédié depuis un pays hors Union européenne et d’une valeur inférieure à 150 euros. Cette mesure, fraîchement adoptée par l’Assemblée nationale le 19 novembre 2025, ambitionne à la fois de renforcer le contrôle des marchandises importées et de répondre au sentiment croissant d’injustice commerciale ressenti par les producteurs et commerçants européens face aux plateformes internationales telles que Shein, Temu, ou encore AliExpress.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, insiste sur l’urgence d’agir : plus de 4,6 milliards de ces colis ont transité en Europe en 2024 – soit près de 145 arrivées chaque seconde – avec, dans 91 % des cas, une origine chinoise.
Des plateformes sous surveillance accrue
Le contexte est tendu : plusieurs sites de vente en ligne extra-européens cristallisent les critiques pour non-respect des normes européennes. Si Shein, récemment accusée de commercialiser des articles illicites ou non conformes, échappe encore à une suspension dans l’Hexagone, elle demeure étroitement surveillée.
Dans la foulée, le ministre du Commerce, Serge Papin, a révélé que six plateformes supplémentaires ont été signalées à la justice – dont cinq pour vente illégale (AliExpress, Joom, eBay, Temu, Wish) et une autre (Amazon) pour problèmes liés au filtrage d’images prohibées aux mineurs.
L’impact financier et social en débat à l’Assemblée
La controverse ne s’arrête pas à l’efficacité : elle touche aussi le portefeuille des consommateurs. D’après les estimations du gouvernement, cette nouvelle taxe devrait rapporter autour de 500 millions d’euros annuels. Les fonds récoltés sont destinés au financement de scanners ainsi qu’au renforcement du personnel douanier – une nécessité selon Mme de Montchalin pour contrôler ces flux massifs. Pourtant, certains députés pointent une taxe qui pèserait avant tout sur les classes populaires et moyennes :
- LFI défend que la charge fiscale repose sur les plateformes elles-mêmes.
- RN, par la voix du député Jean-Philippe Tanguy, dénonce un impact limité sur la concurrence chinoise mais direct sur les acheteurs français.
- D’autres parlementaires rappellent que seuls 0,125 % des colis étaient effectivement contrôlés l’an dernier.
L’Europe harmonise sa riposte douanière
Dans le sillage français, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg appliqueront eux aussi cette mesure dès début 2026 – neuf mois avant l’ensemble des pays membres. Par ailleurs, un accord européen prévoit la suppression anticipée de l’exonération des droits de douane pour ces mêmes petits colis dès le premier trimestre 2026 (et non plus mi-2028). Un signal fort alors que Bruxelles cherche à mieux encadrer un marché numérique mondialisé devenu difficilement maîtrisable.
À voir désormais si ce nouvel arsenal fiscal et réglementaire suffira à restaurer un minimum d’équité entre acteurs économiques et consommateurs européens.
