La campagne ouvre ce 13 octobre avec un doute classique sur l’efficacité du vaccin. Un nouveau virus repéré après février complique l’équation, sans tout remettre en cause.
En bref
- La campagne débute le 13 octobre 2026
- Un virus récent n’est pas dans le vaccin
- La protection grave reste l’enjeu central
Environ 12 000 décès en excès ont été relevés pendant la dernière période épidémique de grippe. C’est dans ce contexte que la campagne de vaccination contre la grippe commence ce mardi 13 octobre 2026 en France, en même temps que celle contre le Covid-19.
Une campagne qui démarre sous surveillance
Cette campagne doit se poursuivre jusqu’au 31 janvier 2027 pour la grippe. L’objectif, lui, ne change pas. Réduire les symptômes, surtout éviter les formes les plus graves chez les personnes les plus fragiles.
La question de l’efficacité revient pourtant chaque année. Et cette fois, elle pèse un peu plus lourd après une saison 2025-2026 particulièrement intense. Pas de quoi conclure trop vite, mais assez pour regarder de près ce que contient le vaccin de cet hiver.
Pourquoi le vaccin peut sembler en retard
Le point clé, c’est le calendrier. Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé recommande dès février les souches à intégrer au vaccin. Les laboratoires ont ensuite besoin de temps pour produire les doses.
Entre février et l’automne, le virus, lui, continue de bouger. Un virus grippal a ainsi été repéré aux États-Unis et au Royaume-Uni après ces recommandations. Antoine Flahault, épidémiologiste à l’université Paris Cité et professeur honoraire de l’université de Genève, explique que ce virus a émergé après la sélection faite par le groupe de l’OMS. Autrement dit, il n’a pas pu être intégré au vaccin préparé pour l’hiver 2026-2027.
Ce qu’on peut déjà dire, et ce qu’on ignore encore
Faut-il en déduire que le vaccin sera inefficace ? Non. D’après Antoine Flahault, ce serait aller trop vite.
Le professeur estime qu’il faudra attendre presque la fin de la vague épidémique saisonnière pour disposer d’estimations fiables. L’efficacité du vaccin varie en fonction des virus qui circulent, notamment quand on parle de la prévention des symptômes.
Mais son intérêt ne s’arrête pas là. Antoine Flahault insiste sur un point, « l’efficacité est plus constante sur les formes graves, chez les personnes les plus vulnérables ». C’est là que le vaccin garde son rôle le plus solide.
Les publics visés en priorité
Selon Santé publique France, la vaccination reste recommandée en priorité aux personnes de 65 ans et plus, aux femmes enceintes et aux personnes atteintes de maladies chroniques.
Bon, la vraie mesure de l’efficacité viendra plus tard. D’ici là, l’enjeu est assez simple : protéger en priorité les publics les plus exposés, alors que la campagne vient tout juste de commencer dans l’Hexagone.