Variant BA.2.86 de Covid-19 en France: Ce qu’on sait sur sa viralité et symptômes

On a identifié pour la première fois le variant BA.2.86 dans la région du Grand Est. On l'a déjà remarqué dans environ quinze nations et il présente près de 35 modifications dans sa protéine Spike.

Le variant BA.2.86 ou « Pirola » fait son apparition en France

Il est possible qu’il soit présent depuis quelque temps déjà, mais l’évidence est désormais incontestable : le premier cas du variant BA.2.86, communément appelé « Pirola », a été identifié en France. Il a été signalé pour la première fois dans le Grand Est ce jeudi 31 août 2023, selon nos confrères de Lorraine Actu, qui confirment une information originellement divulguée par Le Parisien.

Interrogé par directs.fr, l’épidémiologiste Antoine Flahault partage ce que nous savons à ce jour sur ce nouveau variant du Covid-19, détecté le 13 août 2023 pour la première fois, et qui suscite des inquiétudes en raison de ses nombreuses mutations au niveau de sa protéine Spike.

Qu’est-ce qui distingue le variant Pirola des autres ?

À ce stade, les origines précises du variant BA.2.86 demeurent inconnues. « Une quinzaine de pays [incluant les États-Unis, le Danemark et Israël, entre autres] ont signalé des cas non liés entre eux sur pratiquement tous les continents », introduit Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève.

BA.2.86 n’est pas issu des derniers sous-variants d’Omicron (XBB) qui ont prédominé dans l’épidémiologie du Covid-19 ces derniers mois.

Antoine Flahault Épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève

En effet, Pirola est un descendant d’un des premiers sous-variants d’Omicron (BA.2), qui n’était plus en circulation depuis 2022. Il présente près de 35 mutations, dont un grand nombre affectent la protéine Spike du Covid.

Est-il plus virulent ?

À l’heure actuelle, « l’expérience limitée » concernant la propagation de ce nouveau variant et « l’analyse des mutations génomiques du virus ne nous permettent pas de faire des prévisions fiables sur la virulence de la souche », déclare Antoine Flahault.

Il est important de rappeler qu’un nouveau variant devient dominant sur un autre lorsqu’il réussit à échapper à l’immunité conférée par les vaccins ou les infections antérieures. Si le BA.2.86 échappait à l’immunité, cela ne serait pas une « caractéristique fondamentalement différente de l’émergence des précédents nouveaux variants », note l’épidémiologiste.

Mais cela aurait une conséquence importante : cela signifierait qu’il pourrait devenir l’une des prochaines souches dominantes, dès cet hiver.

Antoine Flahault Épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève

Nous manquons donc de données à ce stade. Seul le temps nous dira s’il est plus virulent.

Doit-on craindre une propagation à grande échelle ?

Il convient de rappeler que nous effectuons très peu de tests en France, « moins de 1% des séquençages que nous réalisions il y a deux ans », compte Antoine Flahault. « Il est donc possible que beaucoup plus d’infections par ce variant passent actuellement inaperçues », ajoute-t-il.

D’autant plus qu’aujourd’hui, contrairement au variant actuellement dominant, Eris, nous comptabilisons le variant Pirola au cas par cas.

Il semble donc que nous soyons aux premières phases de l’émergence de ce nouveau sous-variant d’Omicron, qui pourrait bien générer une importante vague mondiale de Covid-19 dans les mois à venir.

Antoine Flahault Épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de Genève

Y a-t-il des symptômes particuliers ?

Parmi tous les cas recensés à l’échelle mondiale, « étudiés avec une attention particulière », « il n’est pas signalé de symptômes atypiques ni de gravité particulière avec ce nouveau variant », observe le directeur de l’Institut de santé globale de Genève.

Reste à savoir si l’immunité acquise par la population mondiale, grâce à la vaccination et aux infections précédentes, protégera suffisamment contre les formes graves ou si, au contraire, « nous aurons à faire face à de nouveaux épisodes de saturation de nos hôpitaux ».

Quant à un éventuel retour du port du masque ? Si un nouvel afflux de patients vers les hôpitaux se produisait, « il n’est pas totalement impossible que nous devions réintroduire certaines mesures restrictives, comme le port du masque, associé à une campagne de rappel vaccinal plus massive qu’on ne l’avait anticipé », prévient Antoine Flahault.

Dans ce cas, une fois de plus, les personnes âgées, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes – des populations par définition plus vulnérables – devront être protégées en priorité.