Vente individuelle d’antibiotiques: une obligation imminente pour les pharmacies face à la pénurie
Afin de prévenir une pénurie de certains médicaments, tels que les antibiotiques, le gouvernement envisage de mettre en place un système de rationnement en pharmacie. Cette initiative ne rencontre toutefois pas l'approbation des pharmacies.
Tl;dr
- Le gouvernement souhaite rationner certains médicaments en pharmacie pour éviter une rupture de stock.
- La vente à l’unité de certains médicaments pourrait devenir obligatoire en pharmacie.
- Cette mesure est critiquée par les pharmaciens qui soulèvent plusieurs dilemmes pratiques.
- La Direction générale de la santé défend la mesure en évoquant le stockage excessif de médicaments non utilisés.
Le gouvernement envisage la ration de médicaments
L’approche de la période hivernale et l’augmentation des maladies qu’elle entraîne soulève une préoccupation majeure : la pénurie de certains antibiotiques tels que l’amoxicilline. Face à cette situation, le gouvernement envisage une mesure controversée : imposer la vente à l’unité de certains médicaments dans les pharmacies.
Vente à l’unité : une mesure controversée
Selon cette proposition, les pharmaciens seraient contraints de vendre les médicaments cachet par cachet, les transférant dans un autre contenant au lieu de délivrer des boîtes entières. Une pratique connue sous le nom de Dispensation à l’unité (DAU), déjà en vigueur pour certains antibiotiques. Cependant, cette mesure suscite le mécontentement des pharmaciens. « C’est une très mauvaise idée », tranche Cyril Colombani, porte-parole de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).
Les défis pratiques de la mesure
Plusieurs problèmes pratiques sont soulevés par les pharmaciens. Certains médicaments, notamment les antibiotiques destinés aux enfants, sont conditionnés sous forme liquide. Comment alors diviser ces médicaments en doses individuelles ? En outre, chaque boîte de médicament porte un numéro de série unique, essentiel pour la traçabilité. En fractionnant les boîtes, cette traçabilité serait perdue.
La position de la Direction générale de la santé
La Direction générale de la santé défend la mesure en soulignant le stockage excessif de médicaments non utilisés. Selon les chiffres de la filière Cyclamed, 9 415 tonnes de médicaments non utilisés ont été collectées en 2022. Cependant, cette argumentation est rejetée par Cyril Colombani, qui estime que le problème réside dans le non-respect des prescriptions par les patients, et non dans la distribution de médicaments en trop grande quantité par les pharmacies.
Conclusion
La proposition de vente à l’unité des médicaments suscite un débat houleux entre le gouvernement et les pharmaciens. Alors que le premier voit en cette mesure une solution à la pénurie de médicaments, le second soulève des défis pratiques majeurs qui rendent sa mise en œuvre difficile, voire impossible.
