Vers de nouvelles hausses des taux de crédit immobilier attendues en 2026 et 2027

Après une période déjà marquée par des hausses successives, les prévisions indiquent que les taux des crédits immobiliers poursuivront leur progression en 2026 puis en 2027, impactant le pouvoir d’achat et l’accès au financement des ménages.

  • Les taux de crédit immobilier repartent à la hausse.
  • Durée moyenne des prêts : près de 21 ans.
  • L’accès au crédit se restreint pour les ménages modestes.

Des taux immobiliers qui grimpent à nouveau

Après une brève accalmie, le marché du crédit immobilier connaît un nouveau sursaut. L’Observatoire Crédit Logement/CSA confirme que les taux repartent à la hausse et cette tendance devrait s’ancrer jusqu’en 2027. En décembre 2025, le taux moyen hors assurance s’établit à 3,17 %, marquant une progression après le creux observé autour de 3,06 % l’été précédent.

Du côté de la Banque de France, on évoque un taux moyen de 3,85 % pour les prêts d’une durée supérieure à vingt ans durant le dernier trimestre 2025. Cela implique, pour un prêt typique de 100 000 euros sur deux décennies, près de 43 500 euros d’intérêts cumulés – un chiffre qui n’a rien d’anodin.

Une dynamique dictée par le contexte économique

À la lumière des analyses présentées par Michel Mouillart, professeur d’économie associé à l’étude, il semble que ce mouvement haussier reflète directement les évolutions du contexte économique national. Selon ses mots : « Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits ».

Les établissements bancaires ajustent leur politique tarifaire en réponse au coût croissant de l’emprunt d’État français, lequel atteint fin 2025 un niveau inédit depuis près de quinze ans. Sans surprise, l’Observatoire anticipe une poursuite de cette hausse avec un taux prévu à 3,55 % au quatrième trimestre 2026 et même jusqu’à 3,95 % fin 2027.

L’allongement des durées et ses conséquences sociales

Autre élément marquant : la durée moyenne des prêts approche désormais les vingt-et-un ans (soit environ 250 mois), frôlant ainsi le plafond réglementaire fixé à vingt-cinq ans par la Banque de France et le ministère de l’Économie. Dans ce contexte tendu où les prix poursuivent leur lente ascension (+0,8 % selon la Fnaim en 2025), plusieurs scénarios se dessinent pour les emprunteurs :

  • L’augmentation du montant mensuel à rembourser pour boucler leur projet ;
  • L’exclusion progressive des ménages modestes du marché ;
  • L’accès au financement qui se concentre chez les plus aisés.

Cette dernière perspective est largement partagée par la Fnaim, qui décrit un marché devenu « difficilement accessible pour une grande partie des ménages », réservé majoritairement aux foyers les mieux dotés.

Un avenir incertain pour les futurs acquéreurs

En somme, la remontée persistante des taux immobiliers, conjuguée à une allongement sensible des durées de crédit, redessine en profondeur le paysage du financement immobilier. Pour beaucoup, la pierre reste un rêve compliqué et coûteux – mais tout dépendra désormais du rythme auquel évolueront coûts du crédit et politique bancaire dans les mois à venir.