Vers la disparition d’un test sanguin courant jugé inutile par la HAS ?

Image d'illustration. Vue d ensemble d un laboratoire moderneADN
La Haute Autorité de santé recommande de ne plus recourir systématiquement à un test sanguin largement utilisé, estimant qu’il ne présente pas d’intérêt médical avéré dans de nombreux cas. Cette préconisation pourrait modifier les pratiques des professionnels de santé.
Tl;dr
- La HAS juge la vitesse de sédimentation obsolète.
- D’autres tests, plus fiables, sont à privilégier.
- 16 millions de tests en 2023 pour 12 millions d’euros.
Un test sanguin sur la sellette
Encore omniprésente dans les laboratoires français, la vitesse de sédimentation voit aujourd’hui sa pertinence remise en question. Selon la Haute autorité de santé (HAS), qui s’est prononcée ce lundi 17 novembre 2025, cet examen médical ne devrait plus être prescrit dans la plupart des cas.
D’après ses chiffres, il a pourtant été réalisé à pas moins de 16 millions de reprises en 2023, générant une dépense non négligeable de 12 millions d’euros pour l’Assurance maladie.
Un examen ancien, mais des limites évidentes
À première vue, la technique paraît simple : une prise de sang suffit. Les globules rouges sont placés dans un tube et leur descente au fond est minutée. Plus elle est rapide, plus elle pourrait révéler une inflammation sous-jacente. Historiquement, ce test était même devenu un réflexe dans les bilans médicaux routiniers, y compris chez des patients sans symptômes particuliers. Cependant, la HAS n’hésite plus à qualifier cette méthode d’obsolète. Plusieurs failles expliquent cette position :
- Manque de précision : les résultats varient trop d’un prélèvement à l’autre.
- Lenteur : l’inflammation met du temps à influencer le résultat.
- Mauvaise spécificité : l’âge ou le sexe peuvent aussi altérer la mesure.
D’autres analyses désormais privilégiées
Face à ces nombreuses lacunes, pourquoi persister ? La réponse se trouve dans l’évolution des techniques médicales.
Désormais, des marqueurs comme le dosage de la protéine C-réactive (CRP), jugés bien plus fiables et réactifs par la HAS, sont disponibles et déjà remboursés par l’Assurance maladie. Ces outils offrent une analyse plus fine et immédiate du niveau inflammatoire dans le corps.
L’heure du changement ?
Certes, les recommandations de la HAS, consultatives par nature, n’ont pas force de loi. Mais elles servent généralement de boussole à l’État et au corps médical. L’avenir du test semble donc scellé. Pour bon nombre de professionnels de santé, il est probablement temps d’acter le passage vers des diagnostics mieux adaptés aux exigences actuelles.
