Vice-présidente de SOS Racisme démissionne suite à un conflit idéologique sur Israël
Saphia Ait Ouarabi explique aujourd'hui sur les réseaux sociaux qu'elle ne souhaite plus représenter une association qui bafoue non seulement ses propres espoirs, mais aussi ceux de nombreux autres jeunes.
Tl;dr
- Saphia Ait Ouarabi démissionne de SOS Racisme pour divergence d’opinions.
- Elle dénonce une « dérive idéologique grave » de l’association.
- Elle critique le silence de l’association sur le conflit israélo-palestinien.
- Elle estime que SOS Racisme ne répond plus aux attentes des nouvelles générations.
Saphia Ait Ouarabi se détache de SOS Racisme
La vice-présidente de SOS Racisme, Saphia Ait Ouarabi, a rendu public sa démission ce dimanche 26 novembre 2023. Cette décision, qu’elle a officialisée sur le réseau social X, est l’expression de son désaccord avec la direction de l’association. Elle dénonce une « dérive idéologique grave ces dernières semaines » au sein de l’organisation dédiée à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination.
Un désaccord sur la question israélo-palestinienne
Saphia Ait Ouarabi, militante de l’association depuis cinq ans, a mis en cause un communiqué du 2 novembre où SOS Racisme soutenait qu’« Israël a le droit de se défendre ». Ces propos, tenus le jour du décompte de près de 10 000 morts à Gaza, dont un tiers d’enfants, sont perçus par la jeune militante comme « scandaleux » et « symptomatiques du silence assourdissant » de l’association sur la situation à Gaza et en Cisjordanie.
Elle déplore que la direction de l’association ait répondu à ses tentatives de discussions et de remarques par ce qu’elle qualifie de « humiliations, des pressions, l’interdiction d’utiliser mes réseaux sociaux pour parler du conflit israélo-palestinien ».
Un SOS Racisme déconnecté des nouvelles générations ?
Etudiante en sociologie à l’université de Nanterre, Saphia Ait Ouarabi se considère comme l’écho des histoires de sa mère marocaine et juive et de son père algérien et musulman. Elle estime que SOS Racisme n’est « plus à la hauteur » des enjeux actuels et ne répond plus aux attentes des nouvelles générations.
« Aujourd’hui, je refuse de représenter une association qui piétine mes espoirs et ceux de beaucoup d’autres jeunes qui me ressemblent. Je refuse que mon image, mes idées et mon militantisme servent à dépoussiérer l’image d’une association qui n’est clairement pas à la hauteur dans une période d’offensive réactionnaire. »
Saphia Ait Ouarabi
Elle critique notamment l’absence de réaction de l’association face au meurtre policier de Nahel, à l’interdiction des abayas et aux enjeux antiracistes contemporains. SOS Racisme n’a pas encore réagi à ces déclarations.
