Le groupe britannique Virgin veut lancer ses trains entre Londres et Paris d’ici 2030. Promesse de prix plus bas, mais plusieurs feux verts manquent encore.
En bref
- Virgin vise 13 allers-retours Paris-Londres par jour
- Eurostar pourrait perdre son monopole d’ici 2030
- Le projet dépend encore de plusieurs autorisations
La ligne Paris-Londres pourrait enfin sortir du tête-à-tête avec Eurostar. Virgin veut ajouter à elle seule 4,75 millions de sièges par an, avec 13 allers-retours quotidiens espérés d’ici 2030 entre les deux capitales.
Le patron du groupe, Josh Bayliss, était à Paris cette semaine pour présenter ce plan, notamment au ministre des Transports Philippe Tabarot. Et le projet ne s’arrête pas là. Virgin évoque aussi quatre allers-retours par jour entre Londres et Bruxelles, ainsi que trois vers Amsterdam.
Plus de trains sous la Manche, avec Paris en première ligne
L’enjeu est simple, ouvrir la concurrence dans le tunnel sous la Manche, où Eurostar garde aujourd’hui la main sur la liaison entre Paris et Londres. Pour les voyageurs, cela pourrait peser sur les prix et sur l’offre. Sur le papier, c’est loin d’être anecdotique.
Mais Virgin ne parle pas encore d’un lancement imminent. Le groupe vise 2030, ce qui laisse plusieurs années pour transformer une ambition commerciale en exploitation réelle.
Régulateur, dépôt, trains, Virgin pose déjà quelques jalons
Le dossier a quand même avancé. Le régulateur ferroviaire britannique a autorisé Virgin à exploiter jusqu’à 20 allers-retours quotidiens sous le tunnel jusqu’en 2040. Le groupe a aussi obtenu une place au dépôt de Temple Mills, près de Saint-Pancras, là où les trains d’Eurostar sont entretenus et stationnés.
Autre étape, le matériel roulant. Josh Bayliss a annoncé la conclusion, le 18 septembre, d’un accord avec Alstom pour 12 trains à grande vitesse Avelia Stream, pour 650 millions d’euros. Nuance importante, le groupe parle d’un accord stratégique pour la livraison et ne confirme pas noir sur blanc un contrat d’achat définitif.
Des billets moins chers, mais pas une offre low cost
Virgin promet une offre plus confortable que strictement discount. Ses trains, à un seul étage, doivent laisser plus de place aux bagages et embarquer une connexion Wi-Fi via Starlink, même si les modalités techniques restent à régler.
Josh Bayliss résume la ligne commerciale ainsi : « Nous ne sommes pas Ryanair, nous essaierons de proposer de meilleurs services à des prix plus bas ». Le groupe anticipe d’ailleurs plusieurs années de pertes avant la rentabilité, avec l’espoir de ne pas dépasser cinq ans.
Le vrai obstacle reste désormais administratif et technique
Rien n’est encore joué. Les candidats doivent d’abord déposer leur demande auprès d’Getlink, l’exploitant du tunnel sous la Manche, avant le 19 octobre. Et Trenitalia a aussi manifesté son intérêt.
Ensuite, il faudra obtenir des créneaux de circulation auprès de SNCF Réseau. Virgin compte en parallèle sur la modernisation de la gare du Nord et sur des outils comme la reconnaissance faciale pour fluidifier des contrôles douaniers plus lourds depuis le Brexit. Le cap de 2030 est maintenu. Pour l’instant, il reste surtout à aligner les autorisations avec la promesse.