Intervention militaire au Niger envisagée comme « dernière option » suite au putsch
Dans le même temps, le soutien international ne cessait de diminuer, avec l'annonce par la Banque mondiale de l'arrêt de ses versements au Niger.
La situation au Niger : Rétablissement du président renversé et fin de l’aide internationale
En date du 2 août 2023, un haut responsable de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exprimé que l’intervention militaire au Niger, en vue de réinstaurer le président Mohamed Bazoum renversé par un coup d’État une semaine auparavant, serait « la dernière option sur la table ». Ce bloc d’Afrique de l’Ouest dont les dirigeants ont évoqué la possibilité de recourir à « la force ». Pendant ce temps, l’aide internationale poursuivait son déclin, avec l’annonce par la Banque mondiale de la cessation de ses versements au Niger.
« Nous devons nous préparer à cette éventualité »
L’option militaire est considérée comme le dernier recours mais cette éventualité a été mentionnée par le commissaire de la Cédéao en charge des affaires politiques et de la sécurité, Abdel-Fatau Musah. Ces propos ont été tenus lors de l’ouverture d’une rencontre des chefs d’état-major ouest-africains à Abuja (Nigeria). La fin de cette réunion est prévue pour le vendredi, soit deux jours avant l’expiration d’un ultimatum de la Cédéao exigeant un retour à l’ordre antérieur.
Le général Abdourahamane Tchiani, à la tête des militaires ayant pris le pouvoir au Niger, a rejeté « en bloc les sanctions » dans un discours télévisé, affirmant qu’il « refuse de céder à toute menace ».
« Nous refusons toute ingérence dans les affaires intérieures du Niger. »
Général Abdourahamane Tchiani
Sanctions lourdes et dégradation de la situation
À Moscou, la diplomatie russe a appelé au « dialogue » afin d’éviter une « dégradation de la situation ». Elle estime que la « menace de recourir à la force contre un État souverain ne contribuera pas à désamorcer les tensions et à résoudre la situation dans le pays ».
La Cédéao, actuellement présidée par le président nigérian Bola Tinubu, a imposé de lourdes sanctions à Niamey. Les putschistes ont jusqu’à dimanche pour rétablir Mohamed Bazoum dans ses fonctions, faute de quoi ils s’exposent à l’usage de « la force ».
En réaction à ces sanctions, le Nigeria a coupé son approvisionnement en électricité au Niger, qui dépend à 70% de son voisin pour son énergie. La Banque mondiale a pour sa part annoncé la suspension des déboursements « pour toutes ses opérations et jusqu’à nouvel ordre » à destination du Niger.
Interventions extérieures et évacuations
Tandis que la junte qui a renversé le président Mohamed Bazoum envoyait un émissaire, le général Salifou Mody, au Mali, les pays voisins du Niger dirigés par des militaires, à savoir le Mali et le Burkina Faso, ont exprimé leur soutien à la junte nigérienne. Ils ont affirmé que toute intervention armée serait considérée « comme une déclaration de guerre » à leurs deux pays.
La France et l’Italie ont commencé à évacuer leurs ressortissants et les étrangers qui le souhaitent, parmi lesquels figurent des Américains, Canadiens, Belges, Autrichiens, Allemands, Nigériens, Portugais, Éthiopiens ou encore Libanais.
Aucune évacuation militaire prévue
La France, qui a toujours soutenu le président Bazoum, apparaît comme la cible privilégiée des militaires qui ont renversé ce dernier. L’évacuation des quelque 1500 militaires français postés au Niger n’est pourtant « pas à l’ordre du jour », selon l’état-major des armées françaises.
Les États-Unis, qui disposent également d’un millier de soldats déployés dans le pays dans le cadre de la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel, ne parlent pas non plus de « coup d’État ». Ils estiment qu’il reste encore une « petite fenêtre » pour la diplomatie et le rétablissement du président Bazoum dans ses fonctions, auquel le secrétaire d’État américain Antony Blinken a affirmé le « soutien inébranlable des Etats-Unis ».
