Contre-offensive de Kiev en Ukraine : état actuel de la guerre
L'Ukraine déclare avoir réalisé de légers progrès dans les régions est et sud. Toutefois, le pays rencontre davantage de difficultés au nord, spécifiquement dans les environs de Koupiansk.
Lundi 14 août 2023, l’Ukraine a revendiqué des avancées modestes sur les fronts est et sud du pays, dans le cadre de sa contre-offensive épuisante lancée il y a deux mois pour reprendre ces territoires occupés par la Russie.
Des bombardements russes dans huit régions ukrainiennes
Durant la nuit, l’Ukraine a une fois de plus été la cible de bombardements russes, causant au moins trois morts, selon les autorités ce mardi 15 août. Les frappes ont visé huit régions, dont Lviv et Loutsk, importantes villes de l’ouest. Selon l’armée de l’air ukrainienne, « vers 4 heures, les forces d’occupation russes ont attaqué l’Ukraine » avec « un total d’au moins 28 missiles de croisière de différents types », dont seize ont été détruits. Le Premier ministre Denys Chmyhal a regretté que « des édifices ont été endommagés dans huit régions » et que « malheureusement, il y a des blessés et des morts ».
La lutte continue à l’est
A l’est, la bataille pour Bakhmout persiste depuis un an. Après sa prise par les Russes en mai suite à des mois de combats sanglants, ce sont désormais les troupes de Moscou qui sont sur la défensive dans cette ville dévastée, devenue un symbole de la guerre. Ganna Maliar, vice-ministre ukrainienne de la Défense, a déclaré que « Dans le secteur de Bakhmout, 3 km² ont été libérés la semaine dernière. Au total, 40 km² ont déjà été libérés sur le flanc sud du secteur ».
Des complications au nord
Au nord, notamment autour de Koupiansk, l’Ukraine rencontre plus de difficultés. Selon Mme Maliar, elle n’a pas pu « concentrer (ses) forces sur l’offensive dans le secteur de Bakhmout ». La Russie, avec Vladimir Poutine à la tête, affirme que la contre-offensive a déjà échoué. Moscou a lancé sa propre offensive dans le nord-est, menaçant désormais la ville de Koupiansk, libérée par Kiev en septembre dernier. Les autorités ukrainiennes ont ordonné l’évacuation de dizaines de villages face à l’avancée russe dans cette partie de la région de Kharkiv.
Tentative de percée au sud
Sur le front sud, les forces ukrainiennes cherchent depuis des semaines à trouver des failles dans les lignes de défense russes, composées de champs de mines, de tranchées et de pièges anti-chars. Dans la région de Kherson (Sud), la vice-ministre a évoqué des « actions » menées par « certaines unités » ukrainiennes sur la rive orientale du Dniepr, d’où l’armée russe s’est retirée en novembre 2022, le fleuve devenant la ligne de front. « Nous ne pouvons pas révéler les détails, mais nous avons accompli ces actions. Pour s’y retrancher, il faut déloger l’ennemi et libérer le territoire », a-t-elle ajouté.
Un besoin urgent d’armements
Avec une aide militaire conséquente de l’Occident, l’Ukraine a lancé en juin une large contre-offensive pour chasser l’armée russe des territoires qu’elle occupe. Préparée pendant des mois, cette opération a permis d’accumuler des ressources et de former des recrues. De leur côté, les Russes ont établi de solides défenses, ralentissant considérablement l’avancée de l’armée ukrainienne. Les dirigeants ukrainiens insistent sur le fait que les combats sont difficiles, mais que les premiers résultats sont perceptibles et qu’ils ont besoin de plus de missiles longue portée pour attaquer les arrières russes. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a déclaré après avoir reçu le ministre allemand des Finances Christian Lindner : « J’ai souligné que l’Ukraine a un besoin urgent d’armements. Nous comptons sur nos partenaires pour comprendre la situation et que cela ne peut pas être reporté ».
