Crabe Bleu en France: Informations Essentielles sur cette Espèce Invasive
C'est l'épouvante des amateurs de pêche. Armé de ses imposantes pinces azurées, ce crustacé originaire d'Amérique du Nord déchire leurs filets. Un effet économique et environnemental sans équivalent.
Le crabe bleu menace l’écosystème marin
Délicieux dans un plat de spaghetti alle vongole, le crabe bleu est toutefois un véritable fléau pour les pêcheurs. Originaire de la côte atlantique de l’Amérique du Nord, ce crustacé à la carapace bleutée met en péril les écosystèmes marins de la Méditerranée. En France, la situation est également préoccupante.
Le crabe bleu, une préoccupation pour les pêcheurs
« Ils dévorent tout », déplore Gianluca Travaglia, un producteur de palourdes et de moules de 52 ans, qui a hérité de l’exploitation familiale dans la lagune de Scardovari, une des branches de l’estuaire du Pô. « Chaque jour qui passe, nous en pêchons de plus en plus, je ne sais pas quoi faire. On ne peut même plus utiliser les filets car les crabes les cassent », confie ce producteur de palourdes italien.
Un crustacé invasif venu d’outre-Atlantique
Le crabe bleu (Callinectes sapidus) est une espèce invasive qui s’est répandue dans le monde entier, probablement via les eaux de ballast des navires. La présence de cette espèce allogène est constatée depuis plusieurs années par les pêcheurs de l’Albanie à l’Espagne, en passant par la France, et elle affecte l’équilibre naturel de la faune autochtone.
Un animal capable de couvrir 15 km par jour
Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), le crabe bleu est omnivore. Il se nourrit de moules, d’huitres et de poissons juvéniles présents dans son environnement, mais aussi dans les filets des pêcheurs qu’il peut aisément découper avec ses grandes pinces bleues. Capable de s’adapter rapidement à différents milieux marins et estuariens, ce crustacé pourrait avoir un impact considérable sur les espèces locales, les habitats et la pêche.
La présence du crabe bleu en France
Signalée en région PACA dès les années 1960, l’espèce est aujourd’hui largement présente sur le littoral méditerranéen, notamment dans ses lagunes et étangs. Depuis 2017, les observations de cette espèce se multiplient sur les côtes du golfe du Lion. En 2020, les prises ont dépassé les 10 tonnes, selon l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer.
Une espèce invasive qui n’a pas sa place en France
« En France, ce crabe n’est pas à sa place. Aux États-Unis, la faune marine est différente. Il a ses prédateurs et ses parasites qui l’empêchent de se multiplier de cette manière explosive », explique Pascal Romans, chercheur à l’Observatoire océanologique.
Consommer le crabe bleu pour endiguer son expansion ?
Pour endiguer la situation, certaines personnes explorent les utilisations culinaires du crabe bleu. C’est le cas de Luca Faraon, un restaurateur italien, qui propose des plats à base de ce crustacé. En France, Guillaume Marchessaux, un biologiste, tente de savoir si les Français seraient prêts à le déguster.
Une meilleure compréhension de l’espèce est nécessaire
Malheureusement, on en connaît encore trop peu sur cette espèce invasive. Pour améliorer les connaissances sur son cycle et sa saisonnalité, le Parc naturel marin du golfe du Lion teste depuis 2019 un protocole de suivi de l’espèce par capture en mobilisant les pêcheurs et ostréiculteurs. L’objectif est d’optimiser sa capture pour limiter son expansion. Le Syndicat mixte du bassin versant du Réart mène également un projet pour donner des préconisations de gestion afin de limiter la prolifération du crabe.
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