Urgence et couvre-feu décrétés à Port-au-Prince par le gouvernement haïtien
Haïti, un pays caribéen en difficulté, est plongé dans une sévère crise politique, de sécurité et humanitaire suite à l'assassinat de son président, Jovenel Moïse, en 2021. Comment le pays peut-il surmonter ces défis ?
TL;DR
- Haïti, en crise, déclare l’état d’urgence suite à une évasion massive de prisonniers.
- Le Premier ministre par intérim a mis en place un couvre-feu pour maintenir l’ordre.
- Les gangs armés cherchent à renverser le gouvernement actuel.
État d’urgence à Haïti : une tentative pour regagner le contrôle
La situation à Haïti est précaire. Ce pays des Caraïbes, frappé par la pauvreté, a été plongé dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire sans précédent suite à l’assassinat de son président, Jovenel Moïse, en 2021. Face à une instabilité croissante, le gouvernement haïtien a décrété l’état d’urgence le 3 mars 2024, suite à une évasion massive de prisonniers.
La mise en place d’un couvre-feu
Le Premier ministre par intérim, Patrick Michel Boisvert, a instauré un couvre-feu à Port-au-Prince, la capitale du pays. Cette mesure, prise en raison de la dégradation de la situation sécuritaire, vise à endiguer la violence croissante perpétrée par les gangs armés et l’évasion de détenus dangereux. « Les forces de l’ordre ont reçu l’ordre d’user de tous les moyens légaux à leur disposition pour faire respecter le couvre-feu et appréhender tous les contrevenants, » a indiqué le gouvernement haïtien.
Une évasion massive de prison
Plusieurs milliers de détenus se sont évadés d’un centre pénitentiaire à Port-au-Prince, attaqué par des gangs armés. Selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), seulement une centaine de détenus étaient toujours présents dans la prison dimanche, sur environ 3 800 avant l’attaque. « Cet assaut contre ces centres carcéraux a fait plusieurs blessés parmi les prisonniers et le personnel de l’Administration pénitentiaire, » a déclaré le gouvernement.
Une tentative de renversement du gouvernement
Depuis jeudi, les gangs armés s’en prennent à des sites stratégiques, déclarant vouloir renverser le Premier ministre contesté Ariel Henry. Le gouvernement a dénoncé les « déchaînements de criminels lourdement armés voulant à tout prix libérer des personnes gardées, notamment pour des faits de kidnapping, de meurtres et d’autres infractions graves. » La Police nationale a assuré qu’elle mettra tout en œuvre pour traquer les prisonniers en fuite et arrêter les responsables de ces actes criminels.
