Boeing contraint de payer 24 millions d’euros au mari d’une victime d’un crash aérien : explications

Image d'illustration. Vue aérienne d un boeing maxADN
Boeing a été reconnu responsable dans le drame aérien qui a coûté la vie à une passagère, contraignant le constructeur américain à indemniser son époux. La justice lui impose de verser 24 millions d’euros à ce dernier.
Tl;dr
- Boeing condamné à verser 28,45 millions de dollars.
- Crash du 737 MAX 8 lié à un logiciel défaillant.
- 346 morts, compensation pour une victime indienne.
Un verdict inédit dans l’affaire Boeing 737 MAX
Le procès très attendu de Boeing devant la justice fédérale américaine a abouti mercredi à une condamnation historique : l’avionneur devra verser une indemnisation de 28,45 millions de dollars au veuf de Shikha Garg, victime du crash survenu en mars 2019 près d’Addis Abeba.
Ce drame impliquant un 737 MAX 8 d’Ethiopian Airlines, affrété entre la capitale éthiopienne et Nairobi, avait coûté la vie à 157 personnes originaires de 35 pays. C’est le tout premier verdict civil rendu après cette catastrophe, survenue quelques mois seulement après un autre accident similaire impliquant Lion Air.
Lourd bilan humain et logiciel incriminé
Derrière ces chiffres tragiques – 346 morts en deux accidents –, les investigations ont pointé du doigt un logiciel antidécrochage défectueux. Dès 2019, Boeing avait reconnu la responsabilité partielle de ce système dans les crashs successifs.
L’émotion reste vive parmi les familles endeuillées : entre avril 2019 et mars 2021, pas moins de 155 proches ont intenté des actions en justice contre le constructeur pour « mort injustifiée » ou « négligence ». Toutefois, au début du procès à Chicago, seuls onze dossiers demeuraient ouverts, dont celui de Shikha Garg.
Le parcours brisé d’une jeune consultante onusienne
Shikha Garg n’avait que 32 ans. Consultante auprès d’un programme de développement des Nations Unies, elle se rendait à Nairobi pour assister à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement. Mariée depuis trois mois à Soumya Bhattacharya – rencontré dans le cadre professionnel onusien –, elle préparait par ailleurs un doctorat sur les énergies renouvelables.
Son époux devait initialement voyager avec elle mais s’était désisté in extremis pour raisons professionnelles : « C’est l’un de mes plus grands regrets, de ne pas avoir pu être avec elle », a-t-il confié lors des audiences. Les avocats ont également évoqué que Shikha attendait un enfant.
Bataille judiciaire et compensation financière inédite
Le jury composé de cinq femmes et trois hommes n’a eu besoin que de deux heures pour rendre sa décision. Si l’avocat du plaignant réclamait jusqu’à 230 millions de dollars et celui du constructeur proposait moins de douze millions, c’est finalement un montant intermédiaire qui a été retenu. Après le verdict, Boeing a exprimé ses « regrets » envers les victimes : « Nous sommes terriblement désolés pour tous ceux qui ont perdu un être cher ». Depuis ces accidents, le groupe américain affirme avoir versé déjà « plusieurs milliards » aux familles endeuillées dans divers cadres juridiques.
Dans ce contexte complexe où les actions collectives se multiplient – plusieurs dossiers ayant été résolus à l’amiable ces dernières semaines –, la décision rendue ce mercredi marque peut-être un tournant dans la quête judiciaire des proches des victimes du Boeing 737 MAX 8.
