Téléphone au volant : la suspension immédiate du permis désormais possible dans certains départements

Image d'illustration. Homme conduisant une voiture tout en tenant un smartphoneADN
Dans plusieurs départements français, l’usage du téléphone au volant entraîne désormais une sanction immédiate bien plus sévère : les conducteurs pris en infraction risquent de perdre sur-le-champ leur permis de conduire, renforçant ainsi la lutte contre la distraction au volant.
Tl;dr
- Sanctions renforcées pour téléphone au volant dans plusieurs départements.
- Suspension immédiate du permis possible, même sans autre infraction.
- Risque d’accident fortement accru selon la Sécurité routière.
Des sanctions qui se durcissent pour usage du téléphone au volant
Dans plusieurs départements, l’usage d’un téléphone tenu en main en conduisant ne relève plus seulement de la simple amende. De plus en plus de préfets prennent l’initiative d’appliquer des mesures strictes, jusqu’à la suspension administrative et immédiate du permis de conduire, même lorsque cette infraction n’est pas accompagnée d’un autre manquement au Code de la route.
Le phénomène s’étend : après une première dans les Landes en novembre 2025, le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne, et désormais la Charente-Maritime, imposent à leur tour des sanctions sévères.
Sévérité accrue face à l’accidentalité routière
Pourquoi un tel tour de vis ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « En 2025, 57 personnes ont perdu la vie sur les routes du Pas-de-Calais », rappelle le préfet, justifiant ainsi la révision du barème départemental des suspensions provisoires.
Dans ce département, manipuler son téléphone au volant conduit désormais à deux mois de retrait de permis. Même logique en Charente-Maritime, où dès le 1er mai 2026, une suspension administrative allant de quinze jours à six mois est prévue dès la première infraction. Quant à la sanction pécuniaire, elle s’élève localement à 200 euros, versés à une association d’aide aux victimes.
Légalité et pouvoir des préfets
La question se pose : comment ces représentants de l’État peuvent-ils agir aussi fermement ? La réponse se trouve dans le Code de la route lui-même. L’article L224-7 autorise explicitement le préfet à ordonner « à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l’interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n’en est pas titulaire ».
Cela permet donc aux autorités locales d’adapter la sévérité aux enjeux propres à chaque territoire.
Téléphone au volant : un risque largement sous-estimé
Si les peines montent en puissance, c’est aussi parce que l’impact sur la sécurité est désormais difficilement contestable. Selon la Sécurité routière, téléphoner ou lire un message multiplie par trois – voire vingt-trois – le risque d’accident selon l’usage. Les autorités insistent aussi sur le fait que les « kits mains libres » déconcentrent tout autant le conducteur, envoyant ainsi un signal fort : sur la route, aucune distraction n’est anodine.
- Deux mois de suspension dans certains cas.
- Pécule versé à une association locale.
- Sensibilisation renforcée par les autorités départementales.
