Apiculteurs à bout: la concurrence déloyale menace leur survie
Suite aux manifestations des agriculteurs, c'est au tour des apiculteurs de descendre dans les rues en France, revendiquant des soutiens financiers pour contrer ce qu'ils considèrent comme une "concurrence déloyale". Quelles en seront les retombées?
TL;DR
- Les apiculteurs français manifestent pour des aides financières et l’arrêt de la « concurrence déloyale ».
- Ils dénoncent les importations de miel « frelaté » de l’étranger et réclament un étiquetage clair.
- La moitié des apiculteurs français sont au bord de la faillite financière.
Le cri d’alarme des apiculteurs français
Emboîtant le pas aux agriculteurs, les apiculteurs français ont fait entendre leur voix en manifestant dans tout le pays. Leur demande : des aides financières et l’arrêt de ce qu’ils considèrent comme une « concurrence déloyale ». Ces gardiens des abeilles sont en effet confrontés à de multiples défis qui menacent leur survie économique.
Concurrence déloyale et miel « frelaté »
« Nous dénonçons la concurrence déloyale », déclare Stéphane Galais, secrétaire national de la Confédération paysanne. Selon lui, les conditionneurs, qui achètent et distribuent le miel en France, se fourniraient en miel « frelaté », provenant de pays comme l’Argentine, le Mexique, l’Ukraine et la Bulgarie. Ces pays, où les normes sociales et économiques diffèrent de celles de la France, offrent des prix plus attractifs, mais au détriment de la qualité.
Un secteur en détresse
Face à cette situation, bon nombre d’apiculteurs français peinent à écouler leurs stocks. Ajoutez à cela le traité de libre-échange du Mercosur, qui accentue encore la pression sur leur activité. Il en résulte une industrie apicole en grande difficulté. Muriel Pascal, apicultrice en Lozère, témoigne de cette dure réalité : la moitié des plus de 3 000 apiculteurs de France sont « au bord de la rupture ».
Une demande d’aides et de transparence
Les apiculteurs réclament des aides financières pour éviter la faillite. Ils appellent également à un étiquetage clair des produits dans les supermarchés afin d’« informer les consommateurs » et de les encourager à « choisir français ». Selon eux, la suspension du plan Écophyto, qui visait à réduire l’usage des produits phytosanitaires, est un signe supplémentaire du manque de soutien du gouvernement à leur secteur. Ils souhaitent au contraire une orientation vers l’agroécologie.
