Bardella a-t-il le droit de refuser le poste de Premier ministre si le RN obtient la majorité relative en 2024?
Le leader du Rassemblement national a posé comme préalable à sa candidature à Matignon, l'obtention d'une majorité absolue. Toutefois, a-t-on le droit de refuser une proposition du chef de l'Etat ?
TL;DR
- Jordan Bardella, président du Rassemblement national, envisage de devenir Premier ministre.
- Malgré l’éloignement d’une majorité absolue, le parti pourrait toujours atteindre une majorité relative.
- Un candidat à Matignon a le droit de refuser une nomination.
Le rêve de Matignon de Jordan Bardella
Jordan Bardella, le président fraîchement élu du Rassemblement national et eurodéputé, a fait le buzz dans la politique française. Un rêve s’est formé dans son esprit : occuper le poste de Premier ministre. Bardella a le soutien de Marine Le Pen, sa cheffe de file, qui a préféré reporter ses ambitions à 2027.
Les obstacles à une majorité absolue
Cependant, atteindre une majorité absolue à l’Assemblée nationale semble désormais un objectif lointain pour le parti. Après l’euphorie des 33%, plus de 200 désistements ont été enregistrés, dans le but de faire barrage au RN. Ce recul éloigne le parti d’extrême droite d’une situation lui permettant d’adopter sans résistance toutes ses lois à l’Assemblée nationale. Néanmoins, une majorité relative reste à portée de main pour le parti et ses alliés.
La nomination du Premier ministre
Selon l’article 8 de la Constitution, le président de la République nomme le Premier ministre. Comme l’explique Philippe Blacher, professeur de droit constitutionnel à l’université Lyon-II, « n’importe qui peut être nommé Premier ministre ». Pourtant, en pratique, le choix ne se porte pas sur n’importe qui. Le chef de l’État doit tenir compte des forces en présence à l’Assemblée nationale. Il est obligé de nommer quelqu’un du bord de la majorité.
Le droit de refuser la nomination
Si Emmanuel Macron propose à Jordan Bardella le poste de Premier ministre, ce dernier a le droit de refuser. « On n’est pas obligé de l’accepter, personne ne peut le forcer s’il a décidé de ne pas devenir Premier ministre », confirme Philippe Blacher. Deux situations politiques peuvent alors se présenter. Si le RN dispose d’une majorité absolue, Emmanuel Macron devra demander à Marine Le Pen de lui proposer quelqu’un d’autre. Si le RN dispose d’une majorité relative, le chef de l’État a plus de marge de manœuvre pour instaurer un gouvernement de coalition.
En conclusion, Jordan Bardella a le droit de refuser une nomination à Matignon. Quoi qu’il en soit, assister à la formation du prochain gouvernement promet d’être une expérience politique fascinante.
