Cancer du sein, ces tumeurs sur puce accélèrent le choix du soin

Laboratoire de biologie à l’Institut Curie
Image d'illustration. L’Institut Curie accélère le choix du soin. — ADN

Des équipes de l’Institut Curie et du CNRS ont conçu des tumeurs sur puce capables de tester la réponse aux traitements en quatre jours. Un gain de temps clé.

En bref

  • Des tumeurs sur puce testées en laboratoire
  • Résultats obtenus en quatre jours
  • Validation clinique encore nécessaire

Quatre jours. C’est le délai annoncé par des équipes de l’Institut Curie et du CNRS pour distinguer, chez certaines patientes atteintes d’un cancer du sein, les profils de réponse ou de résistance à un traitement grâce à des tumeurs sur puce.

Quatre jours pour repérer une réponse au traitement

Les chercheurs ont comparé les résultats obtenus sur ces puces à ceux d’une méthode de référence, les xénogreffes dérivées de patientes, utilisées in vivo. Le niveau d’accord est élevé, 88 % des cas pour évaluer la sensibilité aux traitements, 91 % pour la résistance.

Et le point qui compte, pour les soins, est là. Les résultats arrivent en seulement quatre jours, un délai jugé compatible avec la pratique clinique. Stéphanie Descroix, directrice de recherche au CNRS, résume l’enjeu ainsi : « En 4 jours, un délai compatible avec la pratique clinique, il est possible de discriminer les profils de réponse et de résistance des patientes. »

Ce que contient vraiment une tumeur sur puce

Concrètement, il s’agit d’un modèle en 3D fabriqué à partir de cellules issues de la tumeur d’une patiente. L’équipe cherche à reproduire en laboratoire la diversité de l’écosystème tumoral, mais aussi certains paramètres physico-chimiques du tissu.

La technologie utilisée, la microfluidique, fait circuler de très faibles quantités de liquide dans des canaux microscopiques. Ce ne sont pas des organes miniatures au sens strict. Stéphanie Descroix précise qu’il s’agit d’une modélisation tridimensionnelle de la tumeur, pensée pour comprendre son fonctionnement, son évolution, et sa façon de répondre, ou non, aux traitements.

Pourquoi ce besoin est particulièrement fort dans le cancer du sein

Le contexte pèse lourd. En France, le Institut Curie rappelle que plus de 61 000 nouveaux cas ont été recensés en 2023. Le cancer du sein reste le premier cancer chez les femmes et la première cause de décès par cancer dans cette population.

Mais il y a aussi un problème plus technique. Cette maladie est hétérogène, peut évoluer vite, et au stade métastatique, il existe encore très peu de biomarqueurs pour orienter le choix du traitement. Bref, aller plus vite sans perdre en fiabilité, ce n’est pas un détail.

Une piste prometteuse, mais pas encore un outil du quotidien

D’autres modèles existent déjà, notamment les organoïdes ou les approches passant par l’animal. Le souci, c’est le temps, parfois plusieurs semaines. Dans la prise en charge d’une patiente, ce délai peut vite devenir un vrai frein.

L’intérêt de cette approche est donc clair, aller vers une médecine plus adaptative, avec des choix thérapeutiques mieux ajustés à chaque tumeur et à chaque patiente. Mais la suite est tout aussi claire, elle aussi. Avant une intégration dans la pratique courante, ces résultats devront encore être validés dans un essai clinique.

Benjamin

Spécialiste Santé

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