Casino perd 2 milliards d’euros au premier semestre en attente d’accord sur sa dette

La firme a révélé ce jeudi qu'elle a subi une perte nette de 2,23 milliards d'euros pour les six premiers mois de 2023, principalement en raison de dépréciations. Cela contraste avec une perte de 259 millions d'euros enregistrée à la même période de l'année précédente.

Des pertes nettes alarmantes pour le groupe Casino

Dans un contexte économique difficile et au seuil d’une restructuration majeure de sa dette, le groupe français, Casino, a récemment fait état d’une perte nette conséquente. En effet, ce jeudi 27 juillet 2023, l’entreprise a communiqué une perte nette de 2,23 milliards d’euros pour le premier semestre 2023, due en grande partie à des dépréciations, contre une perte de 259 millions d’euros un an plus tôt. Cette situation préoccupante concerne directement les 200 000 salariés du groupe, dont un quart en France, et suscite des interrogations quant à sa capacité à poursuivre son exploitation.

Un accord de principe attendu pour la restructuration de la dette

Le groupe Casino avait précédemment marqué son accord, le 18 juillet, pour une offre de recapitalisation et de restructuration de sa dette présentée par les milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, soutenus par le fonds d’investissement britannique Attestor. Le groupe avait pour objectif de trouver un accord de principe avec ses créanciers pour le jeudi suivant, accord qui doit entériner l’offre présentée. Le directeur financier de Casino, David Lubek, s’est dit confiant lors d’un point presse, soulignant l’intérêt commun à parvenir à un accord.

Une restructuration nécessaire et urgente

L’offre des repreneurs prévoit un apport de 1,2 milliard d’euros d’argent frais et une restructuration importante de la dette, même si cette dernière est un peu moins importante que prévu initialement. Si cet accord de principe est validé, le groupe Casino envisage de soumettre le plan à l’approbation de ses actionnaires actuels – dont le poids sera significativement diminué – « au plus tard » le 30 septembre. Une restructuration de la dette est attendue d’ici la fin de l’année. Pour le repreneur Daniel Kretinsky, il est impératif d’agir rapidement compte tenu de la situation commerciale critique du groupe.

Les salariés du groupe Casino face à l’incertitude

La situation précaire du distributeur génère de nombreuses incertitudes pour ses salariés. Daniel Kretinsky s’est engagé à maintenir un maximum d’hypermarchés et de supermarchés, mais selon le premier syndicat du groupe, Force Ouvrière, les repreneurs envisagent de passer un grand nombre de magasins en franchise, un modèle économique où la majorité des coûts sont à la charge du gérant. La CFDT Services a également exprimé son inquiétude quant aux transformations à venir qui pourraient impacter les salariés.

En réponse à ces préoccupations, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a déclaré le 11 juillet devant l’Assemblée nationale que l’État serait vigilant sur l’avenir des 50 000 salariés du groupe en France et sur le maintien du siège historique du groupe à Saint-Etienne. Rappelant que : « Les salariés n’ont pas à payer pour les erreurs qui ont pu être commises par la direction. » a souligné Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie.