Ce samedi, de nombreuses pharmacies françaises seront en grève

Image d'illustration. Vue extérieure pharmacie entrée accueillanteADN
Ce samedi, de nombreuses pharmacies resteront fermées dans plusieurs villes françaises. À l’appel de syndicats, les professionnels du secteur protestent ainsi à l’échelle nationale, impactant l’accès aux médicaments pour de nombreux patients.
Tl;dr
- Grève des pharmaciens depuis juillet, actions renforcées à la rentrée.
- Baisse des remises sur génériques, colère du secteur.
- Actions en justice et fermetures massives prévues.
Un climat de tension inédit dans les officines
Depuis le début de l’été, la mobilisation ne faiblit pas chez les pharmaciens d’officine. Mais ces derniers jours, la colère s’est amplifiée après une mesure jugée décisive : l’arrêté publié au Journal officiel, réduisant significativement les remises commerciales accordées aux pharmacies sur les médicaments génériques.
Cet ajustement réglementaire, qui entre en vigueur au 1er septembre 2025, fixe désormais le plafond des remises à 30 %, avec une nouvelle diminution attendue dès 2027, où il ne sera plus que de 20 %.
Un mouvement qui prend de l’ampleur
Face à ce qu’ils perçoivent comme un véritable coup dur pour leur profession, les principales organisations syndicales telles que la Fédération des pharmaciens d’officine (FSPF), l’Uspo, l’UNPF, ou encore la Federgy, ont multiplié les communiqués. « La trahison est actée, la colère des pharmaciens n’en est que décuplée », dénoncent-elles d’une seule voix.
La mobilisation initiée dès le mois de juillet se renforce : ainsi, l’Uspo a appelé à une « fermeture exceptionnelle » des pharmacies le samedi 16 août, soulignant qu’il s’agit d’« un jour pour ne pas fermer pour toujours ». Selon leurs prévisions, jusqu’à 90 % des officines pourraient baisser rideau dans certaines régions lors de cette journée.
Baisse des remises : pourquoi tant de crispations ?
Le cœur du conflit réside dans la nouvelle politique tarifaire décidée par le gouvernement. Jusqu’ici, pour favoriser la distribution de génériques moins coûteux que les médicaments brevetés, les laboratoires pouvaient accorder jusqu’à 40 % de remise aux pharmacies.
Désormais plafonné à 30 %, puis bientôt à 20 %, ce mécanisme essentiel au modèle économique des officines est profondément remis en cause. Cette décision intervient alors que le gouvernement vise 1,7 milliard d’euros d’économies sur les dépenses de santé dès l’an prochain, dont près de 500 millions ciblent précisément le médicament.
L’escalade : fermeture et bataille judiciaire en vue
Ce sentiment d’injustice nourrit une détermination sans faille chez certains syndicats. L’intersyndicale évoque ouvertement une « lutte à mort contre les pharmaciens » et annonce plusieurs actions imminentes :
- Mobilisation renforcée à la rentrée
- Nouvelles fermetures chaque samedi dès fin septembre
- Lancement d’une double procédure juridique contre l’État
Les représentants syndicaux comptent porter leur contestation devant le Parlement et devant la justice – via une QPC au Conseil constitutionnel et un recours au tribunal administratif pour inaction sur l’accès aux soins. En cherchant à mobiliser aussi bien leurs confrères que l’opinion publique, ils espèrent infléchir cette réforme qui bouleverse en profondeur leur activité quotidienne.
