Crise sanitaire : le déficit de l’Etat français a presque doublé en 2020

Il s'agit du "déficit budgétaire le plus élevé de notre histoire contemporaine", a indiqué Bruno Le Maire pendant une audition par la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Le soutien de l’Etat à l’économie, à cause de la crise liée au coronavirus, a coûté cher en 2020 et ce n’est bien entendu pas une surprise. Le déficit de l’Etat (exception fait du périmètre des collectivités locales et de la Sécurité sociale) s’est ainsi creusé de 85 milliards d’euros, passant de près de 93 milliards l’an dernier à 178,2 milliards d’euros. Le ministre de l’Economie précise que cela représente également 30 milliards d’euros de plus que le déficit enregistré en 2009 suite à la crise financière.

Plus de dépenses, moins de recettes

Ainsi, en raison de l’épidémie, 44,1 milliards de dépenses non prévues ont été engagées, et de l’autre côté un manque à gagner de 37,1 milliards d’euros de recettes a été constaté. Parmi les dépenses figurent 41,8 milliards de dépenses d’urgence, lesquelles incluent 17,8 milliards dédiées au chômage partiel, 12 milliards au fonds de solidarité, 4 milliards au financement des exonérations de cotisations sociales, ou encore 8 milliards au soutien des entreprises publiques, SNCF et Air France en tête. Quant au détail du manque à gagner : 12,2 milliards d’euros pour la TVA, 11,9 milliards pour l’impôt sur les sociétés, 5,7 milliards pour la taxe sur les carburants (TICPE) et environ 1,5 milliard pour l’impôt sur le revenu.

Un deuxième confinement moins brutal économiquement

Toutefois, la perte de recettes est moins forte que ce qu’avait anticipé le gouvernement dans la dernière loi de finances rectificative pour 2020. La raison est simple : le confinement décidé fin octobre 2020 a moins pénalisé l’économie. Bruno Le Maire, pendant son audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a ainsi insisté sur la « prévoyance » du gouvernement dans la crise, évoquant les 28,8 milliards d’euros de crédits prévus pour 2020 dans la dernière loi de finance rectificative et qui n’ont pas été dépensés. Ils sont donc reportés sur 2021, pour être dédiés à certains dispositifs comme le chômage partiel ou le fonds de solidarité. Le ministre a enfin tenu à annoncer qu’à situation sanitaire constante, « nous pouvons tenir trois mois et demi » sans avoir besoin d’amender le budget de l’Etat voté pour 2021.

Jérôme

Spécialiste Économie

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