Lors de sa première visite en tant que chef d'État français dans cet État indépendant du Pacifique, Emmanuel Macron a exposé en détail sa "politique indopacifique".
Emmanuel Macron dénonce les « nouveaux impérialismes » lors de sa visite au Vanuatu
Emmanuel Macron, lors de sa visite au Vanuatu le 27 juillet 2023, a critiqué les «nouveaux impérialismes» en Océanie. Cette visite représente la première d’un président français dans un pays indépendant du Pacifique, et se déroule en parallèle avec les déplacements de ministres américains. Cette coïncidence illustre parfaitement les efforts croissants pour contrer l’influence chinoise dans la région.
Une stratégie indopacifique centrée sur la lutte contre le réchauffement climatique et la souveraineté
S’exprimant à Port-Vila, face à l’océan, Emmanuel Macron a approfondi sa « stratégie indopacifique« , dévoilée cinq ans auparavant. Cette stratégie repose sur deux piliers : la défense et la lutte contre le réchauffement climatique, avec une orientation claire : défendre la souveraineté des peuples et l’indépendance des États.
Arrivé mercredi soir depuis la Nouvelle-Calédonie, un territoire français d’outre-mer, le président français était attendu jeudi soir en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il a également assuré reconnaître le « passé colonial » de la France au Vanuatu, un passé marqué par l’accaparement des richesses et l’exploitation des populations.
Des «nouveaux impérialismes» menaçant la souveraineté
Macron a également tiré la sonnette d’alarme sur « les ingérences qui se multiplient » en Océanie, dénonçant de « nouveaux impérialismes » qui mettent en péril la souveraineté des pays. Il a également fait allusion à « de nombreux prêts aux conditions léonines » qui « étranglent littéralement » les pays les plus fragiles, sans nommer explicitement la Chine.
Macron renforce les liens avec le Vanuatu et met en avant l’environnement
Au Vanuatu, seul pays indépendant francophone de la région, Emmanuel Macron a multiplié les gestes de cordialité et d’amitié. Il a assisté au festival des arts mélanésiens, partagé le kava, une boisson locale, et a adressé quelques mots à la foule en bislama, la langue du Vanuatu.
Sur le plan environnemental, le président français a insisté sur l’importance de l’environnement, en soutenant une initiative du gouvernement vanuatais demandant à la Cour internationale de Justice un avis sur les obligations climatiques des États. Pour preuve de ce « réengagement » de la France dans le Pacifique, Macron a annoncé que l’Agence française de développement consacrera 200 millions d’euros à la région sur cinq ans, « soit cinq fois plus » que lors des cinq années précédentes.