Européennes 2024: Le RN oscille entre rester et quitter l’UE – Décryptons leur changement d’avis récurrent

Le parti d'extrême droite a souvent fluctué dans son approche de l'Europe, malgré son soutien historique à l'Union européenne. Le Rassemblement National a, en effet, modifié sa position à plusieurs reprises. Quelle sera la prochaine position du RN sur l'Europe ?

  • Le parti d’extrême droite, le RN, change fréquemment de position sur l’Europe.
  • Historiquement pour l’Europe, le parti a ensuite prôné le Frexit avant de revenir à une position modérée.
  • Ces changements sont attribués à un opportunisme politique.

Le Rassemblement National : une girouette européenne

Le Rassemblement National (RN), parti d’extrême droite français, a traversé des périodes de transformations idéologiques notables. Historiquement favorable à l’Europe, le parti a vacillé entre les positions pro et anti-européennes au fil des années.

Un voyage idéologique complexe

En 2014, le RN défendait le Frexit, contraction de French et d’exit, indiquant une volonté de quitter l’Union Européenne (UE). Cependant, en 2019, le parti a adopté une position plus douce, prônant un changement de l’UE de l’intérieur. En 2024, la tête de liste, Jordan Bardella, n’a promis ni une sortie de l’UE ni un retour au franc.

Une position fluctuante face au Brexit

D’après Jean-Yves Camus, politologue français, le RN a réalisé que le discours de sortie de l’UE était anxiogène pour les citoyens. La sortie du Royaume-Uni de l’UE, connue sous le nom de Brexit, a été perçue comme un cataclysme en Europe. Pour le RN, loin d’être un malheur total, il a d’abord été accueilli comme une décision « historique » avant de faire machine arrière quelques années plus tard.

Un retour aux racines

Le fondateur du RN, Jean-Marie Le Pen, se disait en faveur d’une Europe forte pour contrer le « bolchévisme ». Cependant, après la chute de l’URSS, le parti a adopté un discours anti-européen, privilégiant la souveraineté nationale. Cette position a perduré jusqu’à l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011, où elle a initié le combat contre l’UE.

Une stratégie ambiguë

Aujourd’hui, le RN semble revenir à ses positions d’origine, prônant un changement de l’UE de l’intérieur. Pour Jean-Yves Camus, cette position est un double jeu « ambigu » que le RN doit justifier en permanence.