Le Conseil national du sida alerte sur la nécessité d’un engagement renforcé des pouvoirs publics face au VIH en France, soulignant l’insuffisance des efforts actuels et le risque de stagnation dans la lutte contre l’épidémie.
- Financements en forte baisse pour la lutte contre le VIH.
- Accès à la prévention et aux soins fragilisé.
- Le CNS réclame une mobilisation politique urgente.
Mobilisation en berne face au VIH : le CNS tire la sonnette d’alarme
Alors que s’ouvre la Journée mondiale de lutte contre le VIH, l’inquiétude grandit chez les acteurs engagés contre cette épidémie. Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) ne cache pas son inquiétude : la France, tout comme d’autres grands contributeurs mondiaux, réduit sensiblement ses financements à la lutte contre le VIH/sida.
L’absence de promesse de dons lors du dernier sommet du Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, ainsi que celle d’Emmanuel Macron à Johannesburg, n’a pas manqué de susciter des critiques vives, notamment de la part d’associations telles que Sidaction ou Aides.
Baisse des financements et conséquences préoccupantes
Ce retrait financier, observé non seulement en France mais aussi aux États-Unis et dans plusieurs pays donateurs, met en péril les programmes mis en place dans les régions à faibles ressources. Selon le CNS, il y a un risque réel de voir « une hausse de plusieurs millions d’infections par le VIH et de décès évitables ».
Les premiers impacts se font sentir : disparition de structures locales dédiées à l’accompagnement et à la prévention, réduction drastique des actions associatives sur le terrain.
Santé publique menacée : accès inégal à la prévention et aux soins
Sur le territoire français, l’évolution est tout aussi alarmante. Depuis quelques années, une augmentation notable du nombre de séropositivités découvertes chez les 15-24 ans est constatée, tandis que l’usage du préservatif diminue chez les jeunes. Le recours aux nouveaux traitements préventifs – telle la prophylaxie pré-exposition (PrEP), y compris sous forme injectable à longue durée d’action – reste trop limité. Parallèlement, certains groupes vulnérables voient leur accès aux soins compliqué par des menaces répétées sur l’Aide médicale d’État (AME) ou sur le droit au séjour pour raisons médicales.
Voici les points qui inquiètent particulièrement les experts :
- Diminution persistante des aides publiques pour les associations.
- Mauvaise couverture préventive parmi les jeunes générations.
- Difficultés accrues pour les publics précaires face aux restrictions administratives.
L’appel pressant à une remobilisation politique
Face à ces constats alarmants, le CNS insiste : il faut « garantir l’égalité des droits » et afficher une « volonté politique forte » pour lutter efficacement contre ces inégalités.
À l’horizon 2030 – objectif fixé pour mettre fin à la pandémie –, l’enjeu est donc double : renforcer dès maintenant l’investissement public et tirer parti des innovations thérapeutiques prometteuses afin qu’aucun territoire ni aucune population ne soit laissée de côté.