La police nationale est en émoi depuis une semaine, une perturbation manifestée par des services réduits ou des arrêts de travail pour cause de maladie suite à l'emprisonnement d'un de leurs membres à Marseille.
Un vent de révolte souffle sur la police nationale depuis une semaine
La police nationale est en ébullition depuis une semaine, suite à l’incarcération d’un de ses membres à Marseille. Cette situation inquiétante se manifeste par des mises en service minimum ou des arrêts maladies.
Le ministre de l’Intérieur sort de son silence
Jeudi 27 juillet 2023, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a pris la parole en début de soirée. De retour d’un déplacement en Nouvelle-Calédonie avec le président de la République, Emmanuel Macron, il a abordé la crise qui secoue la police nationale. Cette contestation, qui ne cesse de s’étendre, a débuté suite à l’incarcération d’un policier à Marseille, accusé d’avoir passé à tabac un jeune homme.
« Je comprends cette émotion, cette colère, cette tristesse », a-t-il affirmé lors de sa visite dans un commissariat du 19ᵉ arrondissement de Paris. Mais il a ajouté, d’un ton ferme : « Quand l’un d’entre eux commet une erreur, il doit être sanctionné ».
Il a également souligné que « moins de 5 % des policiers se sont mis en arrêt maladie ou ont refusé d’aller au travail ».
Soutien affirmé au directeur général de la police nationale
Gérald Darmanin a également pris la parole devant Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale. Ce dernier avait suscité une polémique en déclarant ne pas considérer qu’un policier, même s’il a commis des fautes graves dans le cadre de son travail, devrait être incarcéré avant un éventuel procès.
Le ministre de l’Intérieur, qui est souvent qualifié de « premier flic de France », a clairement affiché son soutien à M. Veaux.
Revendications des syndicats de police
Jeudi soir, le ministre devait recevoir les revendications des différents syndicats de police. Selon Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Unité SGP Police, la police traverse une « crise » profonde. Son syndicat demande notamment la création d’un statut spécifique pour les policiers mis en examen, qui exclurait la détention provisoire d’un agent en mission.
Cependant, pour Anthony Caillé, de la CGT-Intérieur-Police, « avoir une justice d’exception à l’endroit des policiers, ça n’est pas entendable, pas acceptable ». Il estime que cela serait « grave dans une république, une démocratie ».
Dans cette situation tendue, le dialogue entre le ministère de l’Intérieur, la direction de la police nationale et les syndicats sera essentiel pour apaiser les tensions et trouver des solutions à cette crise.